Mennatallah H. H. M. Said A.
16 Mars 2022•Mise à jour: 17 Mars 2022
AA / Moscou
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé, ce mercredi, qu’un "consensus est imminent" avec l'Ukraine, sur certaines formulations d'accords.
Lavrov a déclaré dans une interview à la chaîne RBC qu’"une discussion sérieuse est consacrée au statut neutre de l'Ukraine et nous sommes sur le point de nous mettre d'accord sur certaines formulations des accords".
Le ministre russe a ajouté que le problème de la Russie avec l'Ukraine "n'est pas seulement une question de neutralité de Kiev, mais aussi d'utilisation de la langue russe en Ukraine et de la liberté d'expression".
Il a expliqué qu'il s'agissait d'une "bataille pour l'avenir de l'ordre mondial".
Selon Sergueï Lavrov : “Il n’est absolument pas question de l'Ukraine, cela concerne plutôt le système juridique dans le monde plus qu’en Ukraine. Les États-Unis ont établi leur hégémonie sur toute l'Europe. Nous en sommes maintenant à la croisée des chemins dans l’histoire moderne qui reflète la bataille pour l'avenir de l'ordre mondial".
Le chef de la diplomatie russe a noté que l'Occident est convaincu, à tort, de sa "supériorité absolue sur les autres" et a œuvré "pour construire un monde dans lequel il contrôle toutes choses en toute impunité et sans protestation".
Dans une autre perspective, Lavrov a appelé les pays qui n'ont pas imposé de sanctions contre Moscou à cause de la guerre en Ukraine, à jouer un rôle de médiateurs avec Kiev.
Le ministre russe a ajouté : “Nous accueillons favorablement les offres de médiation de pays qui comprennent les causes de la crise actuelle, et ne participent pas à la guerre des sanctions“, notant que Moscou “considère positivement les propositions d'Israël et de la Turquie de servir de médiateur dans les pourparlers avec Kiev“.
Dans ce même contexte, le ministre russe a accusé l'Occident de tenter de “fourvoyer le peuple ukrainien et de l'inciter contre la Russie“, notant que Washington joue un rôle majeur dans la détermination de la position du gouvernement de Kiev dans ses pourparlers avec Moscou, mais que, d'autre part, la Russie ne voyait pas un intérêt des États-Unis en un règlement du conflit sur l'Ukraine, le plus rapidement possible“.
Lavrov a affirmé que la Suisse avait présenté une initiative pour jouer le rôle de médiateur dans les pourparlers entre la Russie et l'Ukraine, soulignant que Moscou refusait le statut de médiateur à tout pays qui a adhéré aux sanctions qui lui sont imposées, dans le contexte de guerre en Ukraine.
Le 24 février dernier, la Russie a entamé une guerre en Ukraine, qui a suscité de vives réactions internationales et l'imposition de sanctions économiques et financières "sévères" contre Moscou.
La Russie exige que l'Ukraine renonce à toute velléité de rejoindre des entités militaires, dont l'OTAN, et qu'elle maintienne une neutralité totale, ce que Kiev considère comme une "ingérence dans sa souveraineté".
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.