AA / Tunis / Salim Boussaïd
Depuis le double séisme du 6 février 2023 de magnitudes inédites de 7,7 et 7,6, la terre ne cesse de trembler au sud-est de Türkiye, causant désastres et désolations mais aussi solidarité et sympathie de plusieurs dizaines de pays à travers le monde.
Selon les derniers chiffres officiels et toujours provisoires, en date du 26 février, soit 3 semaines après la catastrophe, les tremblements de terre ont fait 44 374 morts et plus de 115 000 blessés, alors que plus de 164 321 bâtiments ont été détruits ou endommagés, laissant des centaines de milliers de sinistrés, dont certains ont été logés sous des tentes ou des maisons containers, alors que d’autres ont été évacués vers d’autres régions de Türkiye.
Aussi, selon les données de la Direction de gestion des catastrophes et des situations d'urgence (Afad), plus de 13 millions de personnes ont été touchées.
En effet, l’impact localisé dans la ville de Kahramanmaras a touché 10 provinces turques dans l’immédiat, à savoir Adana, Adiyaman, Diyarbakir, Elazig, Hatay, Gaziantep, Kilis, Malatya, Osmaniye et Sanliurfa.
Il a été ressenti dans d’autres régions de Türkiye et dans plusieurs pays voisins comme le Liban, la Palestine, la Jordanie et l’Irak. Le nord de la Syrie a été particulièrement secoué avec près de 6000 victimes au 26 février 2023.
La superficie totales touchée par les séismes a été évaluée à 108 812 km2, soit environ 3 fois la Belgique ou plus de la moitié de la Tunisie.
--Que s’est-il passé ?
Selon des sources concordantes, aussi bien officielles que scientifiques, les plaques tectoniques anatolienne et arabique, séparées par la faille dite « est-anatolienne » ont bougé dans le sens inverse l’une contre l’autre.
Selon Orhan Tatar, directeur général du service de la réduction des risques sismiques au sein de l’Afad, la croûte terrestre s'est déplacée de 7,3 mètres.
Tout a commencé le 6 février à 04:17 heure locale (01 :17 UTC), avec une première secousse dont l’épicentre a été enregistré à Pazarcık (Kahramanmaras), une magnitude de 7,7 et une profondeur focale de 8,6 kilomètres. Quelques heures plus tard, à 13:24 heure locale, un deuxième choc a été localisé à Elbistan (Kahramanmaras) d’une magnitude de 7,6 et une profondeur focale de 7 kilomètres.
S’ensuivirent des milliers de répliques et des tremblements d’intensité inférieure, mais non moins redoutables. L’Afad recensait plus de 8500 répliques jusqu’au 23 février.
Les deux nouveaux tremblements de terre ayant secoué le sud de la Türkiye le 20 février, dans le district de Defne d'une magnitude de 6,4 et, 3 minutes plus tard, dans le district de Samandag, d'une magnitude de 5,8, montraient que l’activité sismique se poursuivait dangereusement dans la région et que la terre n’a pas encore retrouvé son calme.
D’autres tremblements de terre ont eu lieu dans d’autres pays comme en Iran, au Tadjikistan, en Egypte, etc. Mais le lien de cause à effet avec les séismes de Türkiye laisse les scientifiques partagés.
--Elan de solidarité et d’espoir
A peine les premières secousses annoncées et les premiers dégâts constatés, les aides et les secours ont convergé vers les zones sinistrées en provenance de plusieurs dizaines de pays frères et amis, pour essayer de retrouver des survivants, soigner les blessés et loger les sinistrés qui se sont retrouvés sans abri du jour au lendemain.
Des ponts aériens ont été alors organisés, transportant des tentes, des couvertures, des médicaments, de la nourriture et même des hôpitaux de campagne, dans un élan de solidarité remarquable.
Plus de 230 000 personnes de différentes nationalités étaient encore à pied d’œuvre sur le terrain le 26 février, selon l’Afad.
Des scènes particulièrement émouvantes, montrant par exemple le sauvetage d’un bébé des bras de sa mère défunte sous les décombres, d’une fillette protégeant la tête de son frère des gravats ou encore du sauvetage miraculeux de personnes ayant résisté plusieurs jours après les premières secousses.
Le président de la République de Türkiye, Recep Tayyip Erdogan, qui suivait minutieusement l’évolution de la situation sur le terrain, a annoncé le 21 février la construction de 70 000 maisons dans les villages des zones sinistrées, ainsi que la construction de 200 mille logements dans les villes concernées.
Plusieurs pays ont également annoncé des collectes et des appuis financiers pour soutenir l’élan de reconstruction, à l’image de l’Union européenne qui prévoit d’organiser, le 16 mars prochain, une conférence internationale de donateurs en faveur des sinistrés en Türkiye et en Syrie.