Nadia Janane
04 avril 2019•Mise à jour: 04 avril 2019
AA /Moscou
La Russie a affirmé jeudi qu’elle espérait un dénouement politique de la crise en Libye et, ainsi, éviter une escalade militaire.
C’est ce qui ressort de la déclaration de la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, sur la montée des tensions en Libye, selon la chaîne de télévision russe Russia Today.
Plus tôt dans la journée de jeudi, le général Khalifa Haftar, commandant suprême des forces armées libyennes (ANL) a ordonné à ses troupes d’avancer vers Tripoli dans le cadre d’une offensive qu’il avait baptisée « opération de libération de Tripoli ».
« Nous espérons éviter ce scénario (militaire) », a-t-elle indiqué en réponse à la question de l’un des journalistes sur un éventuel dénouement de la crise par la voie militaire.
Zakharova a ajouté que la Russie avait déployé tous les efforts nécessaires pour trouver une solution « politique et diplomatique » au conflit libyen.
En réaction aux mouvements des troupes de Haftar dans l’ouest du pays, le Premier ministre libyen et chef du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj a donné ses instructions pour faire face à toute menace contre les civils.
Des dirigeants et combattants de la ville de Misrata située à 200 Km à l’est de la capitale libyenne Tripoli, ont, eux, annoncé être prêts à contrer les mouvements des forces armées de Haftar.
Le ministère de l’Intérieur du gouvernement d’entente nationale (gouvernement Fayez al-Sarraj) s’est également mobilisé en déclarant l’état d’alerte maximale.
Cette escalade des tensions intervient à quelques jours de la conférence nationale qui se tient sous l’égide des Nations Unies entre le 14 et 16 avril à Ghadamès, située à la frontière de l'Algérie et de la Tunisie dans le nord-ouest de la Libye.
Cette rencontre constitue l’espoir d'une résolution de la crise et une opportunité pour mettre en place de futures élections et unifier les institutions du pays, en proie depuis 2011 à un conflit sur la légalité et le pouvoir entre le gouvernement de consensus à Tripoli (Ouest), reconnu à l’échelle internationale, et Khalifa Haftar, soutenu par le Parlement de Tobrouk (Est).