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13 Novembre 2022•Mise à jour: 13 Novembre 2022
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Mokhtar Sissoco Embaló, est arrivé, samedi soir en République démocratique du Congo (RDC) où les autorités accusent le Rwanda voisin de soutenir les rebelles du M23 qui se sont emparés de plusieurs localités dans l’est congolais et qui sont à la base de l’escalade entre les deux capitales.
Le président bissau-guinéen et président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) a été reçu par son homologue congolais Félix Tshisekedi.
« A l'issue de cette rencontre qui a duré une peu plus d'une heure, le vice-premier ministre des Affaires étrangères de la RDC, Christophe Lutundula, a indiqué que l'entrevue a porté sur l'état des relations bilatérales et la situation sécuritaire préoccupante à l'est de la RDC ».
La ministre des Affaires étrangères de la Guinée-Bissau, Suzi Carla Barbosa, a, pour sa part, indiqué que son Président est venu « entendre et soutenir » son homologue et frère, le président Félix Tshisekedi. Sur son compte Twitter, Umaro Mokhtar Sissoco Embaló, affirme avoir eu des « échanges clairs » avec Tshisekedi pour la « pacification entre les deux pays frères voisins ».
L’hôte du président congolais a quitté Kinshasa ce dimanche dans la matinée.
Par ailleurs, Uhuru Kenyatta, président honoraire du Kenya et « facilitateur » de la Communauté d'Afrique de l'est (en anglais East African Community, EAC) est attendu cet après-midi à Kinshasa.
Il mènera ses consultations avec les représentants de la société civile et représentants des communautés de l'Ituri, Nord et Sud-Kivu, où seront déployés des troupes des États de l’Afrique de l’Est censées combattre la centaine de groupes armés actifs, dont des rebelles étrangers. Le groupe armé à la base de l’escalade entre Kinshasa et Kigali est le M23 (mouvement du 23 Mars) composé notamment des Tutsis congolais.
Un rapport d’experts des Nations Unies a confirmé l’appui du Rwanda à ces rebelles, mais Kigali dément et accuse l’armée congolaise de collusion avec les rebelles Hutu rwandais repliés depuis près de 30 ans dans l’est congolais.
Samedi, le Président angolais João Lourenço médiateur désigné par la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc) et de l’Union africaine (UA) pour la désescalade entre les deux pays, a bouclé sa visite d’une journée à Kinshasa.
Ce ballet diplomatique intervient la veille de la reprise des pourparlers à Nairobi (Kenya) entre les autorités congolaises et les groupes, dont le M23 qui accuse Kinshasa de non respect des accords de paix conclus en 2013.
Le groupe armé dont les combattants étaient réfugiés au Rwanda et en Ouganda a repris les armes en fin d’année dernière, s’est emparé de plusieurs localités dont les importantes sont Bunagana, Kiwanja et Rutshuru - Centre dans la province du Nord-Kivu à la frontière avec l’Ouganda.
Plus de 230 mille personnes ont fui les combats entre ces rebelles et les troupes de l’armée congolaise, selon les Nations Unies.