Mohammad Sıo
01 Mai 2026•Mise à jour: 01 Mai 2026
AA / Jérusalem / Abdel Raouf Arnaout
Le vicaire général du Patriarcat latin de Jérusalem a dénoncé vendredi l’agression d’une religieuse française par un extrémiste israélien, la qualifiant d’« extrêmement grave et méprisable ».
En outre, mercredi, un Israélien de 36 ans a été arrêté après avoir agressé une religieuse à Jérusalem-Est, selon la police israélienne, qui a évoqué une attaque « à caractère raciste ».
De son côté, l’évêque William Shomali a déclaré à Anadolu (AA) avoir visionné des images de l’incident, le décrivant comme « douloureux, alarmant et extrêmement grave ».
Par ailleurs, il a précisé : « La religieuse est physiquement fragile. L’agresseur l’a violemment poussée par derrière, la faisant chuter au sol après que sa tête a heurté une dalle en pierre surélevée. Il est ensuite revenu pour la piétiner. Un jeune Israélien d’origine russe est intervenu pour l’éloigner, mais son identité reste inconnue. »
Selon lui, « la manière dont la religieuse est tombée aurait pu entraîner sa mort, d’autant plus qu’elle a été violemment poussée par derrière ».
Il a également ajouté : « Le fait que l’agresseur soit revenu pour la frapper alors qu’elle était déjà blessée rend le crime encore plus grave. Il s’agit d’un acte méprisable. »
Dans ce contexte, Mgr Shomali a averti que « le mot “mort” est repris dans certains slogans utilisés par des extrémistes israéliens ».
Concernant l’arrestation du suspect, il a souligné que la police « n’avait pas réagi rapidement lors d’incidents similaires par le passé, mais que son intervention cette fois mérite d’être saluée, la justice exigeant de reconnaître ce niveau d’attention et de suivi ».
Il a en outre indiqué que « le dépôt de plainte formel par la religieuse avant son transfert à l’hôpital a constitué un facteur déterminant dans l’avancement de l’affaire », précisant que « l’absence de plaintes dans d’autres cas avait souvent conduit à un manque de suivi ».
Enfin, Mgr Shomali a insisté sur « la nécessité de rééduquer les personnes adhérant à des idéologies racistes », ajoutant que l’agresseur « sera jugé conformément à la loi israélienne » et que « la police elle-même a qualifié les faits d’“agression raciste”, appelant le crime par son nom ».
-Multiplication des attaques israéliennes contre des membres du clergé chrétien et musulman
De leur côté, les forces de police, critiquées pour leur inaction lors de précédents incidents similaires, ont diffusé mercredi une image montrant la religieuse blessée à la tête.
Elles ont affirmé « prendre toutes les formes de violence avec sérieux, en particulier les attaques à motivation raciste visant des membres du clergé ».
Par ailleurs, le quotidien The Times of Israel a rapporté que la religieuse travaille à l’École biblique et archéologique française, sans fournir davantage de détails sur son identité ou sa nationalité.
Il convient de rappeler que des centaines de prêtres et de religieuses venus du monde entier servent dans des églises et institutions religieuses à Jérusalem-Est.
Ces dernières années ont été marquées par une hausse notable des attaques menées par des Israéliens contre des membres du clergé musulman et chrétien, ainsi que contre des lieux saints à Jérusalem.
Face à cette situation, les responsables d’Église à Jérusalem ont, à plusieurs reprises, appelé les autorités israéliennes à agir de manière décisive pour mettre fin à ces violences.
Cette attaque intervient dans un contexte déjà tendu, après la diffusion, le mois dernier, d’une vidéo montrant un soldat israélien s’acharnant à coups de masse sur une statue de Jésus, un incident largement condamné.
Enfin, cette agression survient alors que les violences commises par les forces israéliennes et les juifs extrémistes en Cisjordanie occupée depuis octobre 2023 ont fait au moins 1 155 morts palestiniens, environ 11 750 blessés et près de 22 000 arrestations, selon des données palestiniennes.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba