Hussameldin Abdelgadir Salih Mohamed
04 Septembre 2022•Mise à jour: 04 Septembre 2022
AA / Bagdad
Mohamed Al-Halbousi, président de la Chambre des députés en Irak, a appelé, dimanche, à la nécessité d'arrêter une date des prochaines élections législatives anticipées, au cours des prochaines séances du Dialogue national attendu.
Al-Halbousi a mentionné, dans un communiqué dont l'Agence Anadolu a eu copie, un échéancier composé de 10 points, qui feront l'objet d'un accord au cours des prochaines séances du Dialogue national.
Il a indiqué que « l'ordre du jour des séances du prochain Dialogue national doivent comporter une série de questions devant faire objet d'un accord, comme préalable pour relancer le processus politique ».
Il a cité parmi ces questions la détermination d'une date « des prochaines élections législatives anticipées ainsi que celles des Conseils de province, avec comme date butoir la fin de l'année prochaine ».
Le président de la Chambre des députés a appelé aussi à élire un président de la République et à choisir un gouvernement aux prérogatives entières et qui font l’objet d'un accord et de confiance, aussi bien du peuple que des forces politiques.
Al-Halbousi a invité les forces politiques à « discuter de la réinterprétation de l'article 76 de la Constitution et à supprimer la manipulation honteuse de cet article, fruit de pressions politiques exercées depuis les élections de 2010 ».
Il a également appelé à « adopter la loi de finances fédérale et à maintenir ou à modifier la loi électorale ».
Mohamed Al-Halbousi a indiqué aussi que « les séances du prochain Dialogue national doivent débattre du redéploiement des forces militaires et sécuritaires, toutes catégories confondues », précisant que « c'est au ministère de l'Intérieur qu’échoit exclusivement la préservation de la sécurité dans le pays ».
Le Premier ministre irakien, Moustafa al-Kadhimi, avait appelé, samedi, les chefs des blocs politiques à une deuxième séance du Dialogue national, demain lundi.
Le site électronique « Iraq Online News » a rapporté que al-Kadhimi a appelé les chefs des blocs politiques à une deuxième séance de dialogue lundi prochain », sans fournir davantage de détails.
Le 16 août dernier, al-Kadhimi a appelé les chefs des forces politiques à une Réunion nationale au Palais du gouvernement à Bagdad, pour lancer un « Dialogue national sérieux » en vue d'identifier des solutions à la crise politique qui secoue le pays.
Au début des réunions, le Courant Sadriste a annoncé sa non-participation à la Rencontre du Dialogue politique, à laquelle avait appelé al-Kadhimi.
La décision de Moqtada Sar est intervenue, dix mois après le début du conflit avec « le Cadre de coordination », au sujet de la formation d'un gouvernement majoritaire, après la victoire du Courant chiite et son obtention de la majorité aux élections législatives.
Des affrontements ont éclaté dans la capitale Bagdad et dans plusieurs autres provinces du pays, le 29 août dernier, faisant 30 morts et des centaines de blessés, selon des sources médicales, et ce après la prise d'assaut par les partisans du Courant Sadriste de nombre de sièges gouvernementaux à Bagdad, immédiatement après l'annonce par Moqtada Sadr de sa décision de quitter la scène et l'action politiques définitivement.
L’Irak est en proie à une crise politique aiguë, qui s'est aggravé depuis le 30 juillet dernier, lorsque les sympathisants du Courant Sadriste ont entamé un sit-in à l'intérieur de la Zone verte à Bagdad, pour protester contre la candidature du membre de la « Coalition du Cadre de coordination », Mohammed Shia Al-Sudani, au poste de chef du gouvernement, pour réclamer la dissolution de la Chambre des députés et la tenue d'élections anticipées.
Les différends entre les forces politiques irakiennes, en particulier entre les blocs chiites, ont entravé la formation d'un gouvernement, alors que les dernières élections législatives avaient eu lieu le 10 octobre 2021.
*Traduit de l'Arabe par Hatem Kattou