Feiza Ben Mohamed
25 Septembre 2024•Mise à jour: 27 Septembre 2024
AA/Paris/Feïza Ben Mohamed et Ümit Dönmez
Le militant Elias d'Imzalène va pouvoir quitter, jeudi matin, les locaux de la direction de la police judiciaire de Paris où il est gardé à vue depuis mardi matin, selon une information exclusive obtenue mercredi soir par Anadolu de source proche du dossier.
Accusé "d'incitation au soulèvement armé" pour avoir évoqué une "intifada dans Paris", il devrait être placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès.
Comme c'était déjà le cas mardi soir, une quinzaine de personnes se sont déplacées ce mercredi pour dénoncer "les pressions qui pèsent sur les personnalités qui dénoncent le génocide en cours à Gaza", comme l'a constaté le correspondant d'Anadolu sur place.
"On espère que les avocats prouveront que tout ceci n'est qu'une immense aberration" a lancé l'un des membres de son comité de soutien présent devant les locaux de la PJ (Police Judiciaire) dans lesquels Elias d'Imzalène est toujours privé de liberté.
Selon les informations d’Anadolu, de nombreuses questions lui ont été posées au cours de ses auditions successives, notamment concernant son appartenance religieuse et ses positions sur la situation à Gaza.
Dans les faits, il est accusé d'avoir appelé "au soulèvement armé" lors d'une manifestation qui s'est tenue le 8 septembre dernier à Paris et au cours de laquelle il a pris la parole.
"Est-ce-qu'on est prêt à mener l'intifada dans Paris?" avait-il lancé à la foule avant d'évoquer "la libération de Jérusalem", et d'accuser Joe Biden et Emmanuel Macron d'être "complices du génocide".
Ses propos ont immédiatement fait l'objet d'un signalement au procureur, effectué par le ministre de l'Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin, en personne.
Dans sa saisine, le désormais ex-ministre estimait qu'Elias d'Imzalène s'est rendu coupable de "provocation à s’armer contre l’autorité de l’Etat ou contre une partie de la population, provocation aux atteintes volontaires à la vie et à l’intégrité des personnes, en l’occurrence ici les personnes de nationalité israélienne ou de confession juive, ainsi que les personnes dépositaires de l’autorité publique".
Pour rappel, de nombreux internautes, militants et figures médiatiques font l'objet de poursuites pénales en France pour leurs prises de positions en lien avec la guerre menée par Israël à Gaza.
Si les dossiers d’apologie du terrorisme ou d'incitation à la haine continuent de s’empiler sur les bureaux des procureurs, à Paris comme en province, le massacre du peuple palestinien se poursuit en dépit des mises en gardes internationales et des appels généralisés à un cessez-le-feu permanent qu’Israël refuse d’entendre.