Lassaad Ben Ahmed
05 Juillet 2018•Mise à jour: 06 Juillet 2018
AA / Tunis
De nouvelles violences ont éclaté dans plusieurs quartiers de Nantes (centre-ouest de la France), dans la nuit de mercredi à jeudi, à la suite de la mort, la veille, de Boubaker F. d’une balle dans le cou, tirée par la police.
C’est ce qu’ont révélé les médias français, jeudi matin, précisant que la police a interpellé 19 personnes après les affrontements entre contestataires et forces de l’ordre dans plusieurs quartiers "sensibles" de Nantes.
Les chaînes télévisées françaises ont montré plusieurs bâtiments incendiés, dont une bibliothèque, une pharmacie et des commerces, ainsi que des voitures totalement calcinées.
Ces affrontements ont commencé vers 21h selon le journal Le Monde. Ils ont touché plusieurs quartiers « sensibles » de Nantes : «Breil, Bellevue, Dervallières et Malakoff », selon Europe1.
Les manifestants réclamaient que la vérité soit élucidée "et rapidement" sur les circonstances et les responsabilités de la mort du jeune de 22 ans d’une balle tirée par la police.
Selon le quotidien Le Monde, une enquête a été confiée au service régional de police judiciaire (SRPJ) et à l’inspection générale de la police nationale.
Le journal révèle, par ailleurs, de nouveaux détails sur les circonstances de l’incident ayant provoqué cette vague de violence.
En ce qui concerne l’identité de la victime, le procureur a fait savoir que Boubaker F. était poursuivi depuis 2017 par le juge d’instruction de Créteil et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Cet originaire de Val-d’Oise, à Paris, était poursuivi pour « vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs ».
Il était à bord d’une voiture de location lorsque la police lui a demandé de présenter ses papiers. Mais il n’avait pas de pièce d’identité sur lui et il aurait donné un faux nom, selon la police. A la suite de quoi, la patrouille a décidé de l’emmener au commissariat. Et c’est à cet instant que tout a dégénéré.
Boubaker F. a refusé d’obtempérer, faisant une marche-arrière à vive allure, blessant légèrement un policier. A cet instant, un collègue de ce dernier a tiré « une seule balle » touchant le conducteur au cou. Transporté à l'hôpital, il perd la vie après environ deux heures.
« Des sources policières faisaient état d’un CRS blessé aux genoux par le véhicule et évoquaient la présence d’enfants, qui se seraient trouvés [en danger] derrière la Nissan. Une version réfutée par des habitants, témoins de la scène, qui assurent que personne ne se trouvait sur le chemin de la voiture», a expliqué Le Monde dans son édition de jeudi.
La famille de Boubaker appelait au calme depuis le déclenchement de cette crise. Mais la rue ne se calme pas. Il s'agirait du 14ème décès dans des interventions policières depuis juillet 2017, selon l'Obs, citant l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).