Fawzia Azzouz
07 Janvier 2020•Mise à jour: 14 Janvier 2020
AA/France/Fawzia Azzouz
Le procureur de la république de Paris, Rémy Heitz, a ouvert mardi une information judiciaire pour homicide involontaire après le décès deux jours plus tôt d’un chauffeur, après son interpellation violente par les forces de l’ordre, ont rapporté les médias français.
« Je le dis, on a assassiné mon fils » a clamé le père de la victime au cours d’une conférence de presse tenue mardi à Paris.
Interpellé vendredi par un équipage de police nationale, Cédric Chouviat, avait été hospitalisé dans la foulée dans un état grave.
C’est l’avocat de sa famille, Maître Arié Alimi, qui avait diffusé la nouvelle sur les réseaux sociaux, lançant un appel à témoins pour comprendre comment ce père de 5 enfants, s’est retrouvé entre la vie et la mort après avoir croisé la route de policiers.
« Clef d'étranglement ? Plaquage ? Simple crise cardiaque? » s’était-Il interrogé sur son compte Twitter.
Très rapidement, l’appel à témoins a fonctionné et quatre vidéos ont été rendues publiques ce mardi.
Sur les images, qu’Anadolu a pu consulter, on voit clairement Cédric Chouviat discuter avec les policiers, téléphone à la main, avant qu’il ne soit violemment plaqué au sol par plusieurs fonctionnaires.
Dans un état grave, il est décédé le lendemain des suites de son malaise.
Selon BFMTV, l’autopsie a mis en lumière une fracture du larynx et établit que le décès de la victime est dû a une crise cardiaque provoquée par une asphyxie.
Le plaquage ventral, technique toujours utilisée par les forces de l’ordre en France alors qu’il est interdit dans d’autres pays européens, a déjà été à l’origine de multiples décès dans le pays.
Le 16 juillet 2016, Adama Traoré, devenu le symbole des victimes de violences policières, était décédé dans les mêmes conditions après avoir été interpellé par plusieurs gendarmes qui l’avaient plaqué au sol et écrasé de tout leur poids.
Sa famille se bat toujours pour la mise en examen des auteurs des faits.
Dans un communiqué à la presse française, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner reconnaît que les résultats de l’autopsie « soulèvent des questions légitimes, auxquelles des réponses devront être apportées en toute transparence ».