Lassaad Ben Ahmed
02 Décembre 2020•Mise à jour: 03 Décembre 2020
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
Le procès des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hypercasher, qui ont fait 17 morts en janvier 2015, a repris mercredi matin devant la Cour d’assises spéciale de Paris où sont jugés 14 accusés, a-t-on appris de sources concordantes.
Les débats avaient été suspendus le 31 octobre après que trois des prévenus, parmi lesquels Ali Riza Polat, l’homme de confiance du tueur de l’Hypercasher, Amédy Coulibaly, avaient été testés positifs à la ovid-19.
Pour tenter de réduire le délai de la suspension, le président de la Cour d’assises spéciale a, dans un premier temps opté pour que cette dernière partie du procès puisse se faire en visioconférence, mais la défense s’y est formellement opposée.
La clôture de ce procès historique, qui était attendue le 10 novembre, est finalement repoussée au 16 décembre, date à laquelle sera rendu le verdict.
Si les trois terroristes sont décédés, le banc des accusés accueille, toutefois, onze complices présumées dont la plupart comparaissent détenus.
Trois autres personnes sont, elles aussi, jugées alors qu’elles sont en fuite en Syrie, ce qui porte à quatorze, le nombre total d’accusés, jugés dans ce procès hors norme.
Ce sont pas moins de deux cent parties civiles, cent quatorze témoins, et quatre-vingt quatorze avocats qui prennent part aux débats.
Pour rappel, le 7 janvier 2015, les deux frères terroristes Saïd et Chérif Kouachi pénétraient dans les locaux de la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo dans le 11ème arrondissement de Paris pour y mettre à exécution leur entreprise sanguinaire.
Ils abattent froidement onze personnes sur leur passage dont les dessinateurs Cabu, Wolinski, Charb, Honoré et Tignous.
À l’extérieur des locaux, ils assassinent une douzième personne, le policier Ahmed Merabet tombé au sol alors qu’il venait en renfort.
Les deux criminels seront, à leur tour, abattus par le GIGN deux jours plus tard.
Dès le 8 janvier, leur complice Amedy Coulibaly, s’en prendra à une policière municipale, Clarissa Jean-Philippe à qui il ôtera la vie.
Le lendemain de ce nouvel assassinat, Coulibaly prend en otage les clients d’un magasin Casher où il fait quatre nouvelles victimes innocentes de confession juive.
Il est ensuite exécuté par les forces d’intervention au moment de l’assaut donné pour libérer les otages.
Les trois terroristes se réclamaient d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique.
S’ils sont donc aujourd’hui décédés, le tribunal s’attachera à déterminer avec certitude les responsabilités des accusés soupçonnés de leur avoir fourni une aide logistique ou un soutien.