Ümit Dönmez
30 Mai 2023•Mise à jour: 30 Mai 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
La commission d'enquête parlementaire chargée d'enquêter sur le meurtre du militant indépendantiste corse, Yvan Colonna, dans la prison d'Arles en 2022, a pointé de nombreuses "défaillances", "inactions" et "erreurs" des autorités françaises.
Dans son rapport publié ce mardi, après avoir auditionné 71 personnes au cours des six derniers mois, la commission a fait état d'une "agression d'une extrême violence qui s'est prolongée de façon inexplicable", causant la mort d'Yvan Colonna, qui purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse, Claude Érignac.
La commission d'enquête parlementaire a notamment constaté un "défaut de surveillance" dans la maison d'arrêt d'Arles, évoquant un système de vidéosurveillance "paradoxalement étoffé, mais totalement inexploitable le jour de l'agression" du nationaliste corse par Franck Elong Abé, un homme radicalisé de 36 ans, condamné dans le cadre d'une enquête antiterroriste.
Dans le cadre des 29 recommandations produites à travers ce rapport, la commission a appelé à une "réforme impérieuse" du statut de détenu particulièrement signalé (DPS). Elle a mis en évidence une disparité entre la "sévérité" du traitement carcéral imposé à Yvan Colonna, notamment le refus de lever son statut de DPS malgré son "bon comportement", ainsi que de son transfert vers une prison corse, alors que le détenu Franck Elong Abé - également DPS - a bénéficié de "mansuétudes".
La commission a également invité les autorités françaises à permettre le rapprochement familial des détenus corses, par leur incarcération au centre pénitentiaire de Borgo (Haute-Corse), qui devra être rendue apte à accueillir les détenus particulièrement signalés.
Le rapport appelle également "renforcement de la détection et de la surveillance des détenus radicalisés dangereux", ainsi qu'à l'amélioration de la prise en charge de "ceux présentant des troubles psychiatriques".
Pour rappel, Yvan Colonna, âgé de 61 ans, purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998. Le militant indépendantiste corse avait succombé à ses blessures, trois semaines après avoir été violemment agressé le 2 mars 2022 dans la salle de sports de la prison d'Arles par Franck Elong Abé.
Le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire, Laurent Marcangeli (député Horizons de la Corse-du-Sud) et le président de la commission Jean-Félix Acquaviva (député Liot de la Haute-Corse) tiendront une conférence de presse à l'Assemblée nationale à 17 heures (UTC+2).