Ümit Dönmez
25 Avril 2023•Mise à jour: 25 Avril 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le Président français Emmanuel Macron a adressé une lettre, ce lundi, aux militants du parti Renaissance dont il est le fondateur, dans ce qui semble être une tentative de redonner du courage à ses partisans, selon une information rapportée par le Figaro.
Cet appel intervient dans un contexte social tendu, alors que le chef d'État français a fêté lundi le premier anniversaire de sa réélection à la tête du pays et que des casserolades ont été organisées dans l'ensemble de l'Hexagone à cette occasion, notamment pour protester contre la réforme des retraites promulguée le 15 avril courant par Macron.
"Nous avons tenu", souligne le Président français, alors que le début de son second quinquennat est marqué par une majorité relative à l'Assemblée nationale, l'absence de majorité au Sénat et la mobilisation sociale contre la perte de pouvoir d'achat des Français, dans un contexte d'inflation marquée à l'échelle mondiale, mais également la réforme des retraites.
Rappelant que les mois passés n'ont "assurément" pas été "tranquilles", Emmanuel Macron a affirmé qu'il a été réélu face "au rejet" et face à ce qu'il a qualifié de "populismes" de l'extrême droite, mais aussi de la gauche.
Exprimant sa "gratitude" et reconnaissant les "doutes" et "inquiétudes" des adhérents du parti dont il est le fondateur historique, le chef d'État français a appelé ces derniers à ne pas "céder aux attaques des populistes ou de laisser couvrir la voix des progressistes par les cris des démagogues".
Le Président français, qui a remis sa casquette de leader du parti, a appelé ses partisans à ne pas "déserter le terrain" et à ne pas "rester sourds aux attentes, aux propositions et aux critiques parfois bien légitimes de nos compatriotes".
"Dans les semaines qui viennent, comme moi, vous allez à nouveau sillonner le pays, fiers de ce que vous êtes et de ce que notre pays est devenu ces six dernières années avec vous et grâce à vous", a ajouté Emmanuel Macron.
Les déplacements récents du chef d'État français dans l'Hexagone, ainsi que des membres de son gouvernement, ont été émaillés de casserolades et de slogans hostiles à la réforme des retraites et de l'Exécutif.
Ainsi, ce mardi, la visite d'Emmanuel Macron à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, a été accueillie par un concert de casseroles, malgré l'interdiction annoncée par la préfecture de "dispositifs sonores amplificateurs de son".
En réaction à cette interdiction, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et le Syndicat des avocats ont déposé un « référé liberté » contre cette mesure, selon le journal « Libération », indiquant qu'une fois de plus cet arrêté de la préfecture utilise la législation antiterroriste pour faire le vide autour du Président en déplacement.
La visite du ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye à Lyon a également été fortement perturbée, ce lundi, par une casserolade ainsi que la tentative de quelques manifestants de pénétrer dans le bâtiment de l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (Inspe).
Pour rappel, la semaine dernière, la préfecture de l'Hérault, avait déjà interdit les "dispositifs sonores amplificateurs de son", avant la venue du président, ne pouvant, néanmoins, empêcher une casserolade de se tenir sur les lieux de la visite, ainsi qu'une brève coupure d'électricité dans le collège visité par le chef d'État.
Ce lundi, c'était au tour de la préfecture de Côte-d'Or d'interdire une casserolade sur la place de la Libération de Dijon, alors que les manifestants s'y étaient donné rendez-vous à 20 heures (UTC+2) pour protester contre la réforme des retraites, à l'occasion du premier anniversaire de la réélection d'Emmanuel Macron à la Présidence.