Bilal Müftüoğlu
10 Novembre 2016•Mise à jour: 11 Novembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Emmanuel Macron, ancien ministre français de l'Economie, a annoncé, jeudi, pour la première fois, son agenda politique pour l'élection présidentielle de 2017, sans pour autant confirmer sa candidature.
Dans une longue interview accordée au magazine du Nouvel Observateur" , l'ancien locataire du Quai de Bercy, a détaillé ses projets de réforme économique et sa vision de l'Etat, qui soulignent, une fois de plus, ses distances vis-à-vis du gouvernement de François Hollande qu'il a quitté le 30 août dernier.
L'ancien ministre, qui devrait officialiser sa candidature "avant le 10 décembre", selon son entourage, dit s'être lancé dans une aventure de "refondation politique", allant au-delà du clivage classique entre la gauche et la droite. "Ce qui constitue aujourd’hui le Parti socialiste d’une part et Les Républicains d’autre part n’est plus adapté aux vrais défis du pays. On ne peut plus avoir le même modèle de régulation économique et sociale qu’avant", explique-t-il.
Macron fustige par ailleurs les sondages sur les intentions de vote qui prévoient, quasi tous, une victoire de la droite à l'élection présidentielle: "Je ne crois pas du tout à la logique de l’alternance, celle dans laquelle le système politique s’est enfermé pour survivre, et qui implique que les grands partis traditionnels se succèdent mécaniquement. Je ne crois donc pas du tout qu’en 2017 ce sera mécaniquement le tour de la droite".
Le fondateur du mouvement "En Marche" estime par ailleurs qu'il est capable de réussir, mettant en avant son "optimisme de la volonté". "Je dis les choses, y compris lorsque cela peut contrarier la représentation classique. Quand on est progressiste, on a une responsabilité particulière, celle de transformer la société", souligne-t-il.
Annonçant un programme composé de 8 points, Macron préconise avant tout "une vraie autonomie pédagogique pour les établissements", par une différenciation des méthodes d'enseignement ou encore du paiement des enseignants en fonction de la situation socioéconomique des communes.
Au-delà d'un accent mis sur l'éducation, Macron insiste aussi sur le marché de l'emploi, qu'il entend réformer radicalement, y compris le fameux principe de 35 heures en France.
"Il faut s’adapter aux individus. On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? En revanche, quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long. Il faut donc plus de souplesse, plus de flexibilité", a-t-il proposé.
Le système de retraite doit aussi être modulable "selon les individus et les situations", suggère encore l'ancien ministre. "Si on se contente d’appliquer des critères de pénibilité de manière arbitraire, on ne fera que recréer des régimes spéciaux".