Majdi Ismail
30 Mars 2023•Mise à jour: 30 Mars 2023
AA / Tunis / Majdi Ismail
Pas moins de 500 pêcheurs bretons ont commencé à se rassembler à Brest (ouest), ce jeudi, dans le cadre de l’opération « point mort », inédite en France, lancée à l’appel du Comité national des pêches, selon la presse locale.
Les pêcheurs du Havre et de Boulogne-sur-Mer (nord) étaient également mobilisés pour cette opération qui a débuté ce jeudi 30 mars et se poursuivra jusqu’à demain vendredi.
Des rassemblements sont également prévus à Saint-Malo et à Lorient lors de ces journées d’action, selon le comité breton qui insiste « sur le caractère non violent des actions ».
A Brest, les pêcheurs ont prévu de distribuer des tracts dans la criée et sur les quais, tandis qu’au Havre, des chalutiers bloquaient l’accès à l’avant-port, selon la préfecture qui indique qu’une cinquantaine de marins-pêcheurs bloquaient aussi un rond-point devant le siège havrais de la direction territoriale d’Haropa (acronyme composé des premières lettres du Havre, Rouen et Paris, un groupement d'intérêt économique, ndlr).
Le secrétaire général du comité régional des pêches de Bretagne, Jacques Doudet, a déclaré que pour la Bretagne « tous les ports et les navires sont à l’arrêt ».
Les professionnels du secteur pointent des « réglementations européennes inadaptées », notamment l’interdiction de la pêche de fond dans les aires marines protégées d’ici à 2030, le prix du gazole, la fermeture de certaines zones de pêche en Atlantique afin de préserver les dauphins suite à une décision du Conseil d'Etat en date du 20 mars, ainsi que « l’inaction » de l’Etat.
Les protestataires exigent le versement des aides gazole par l’État, dont certaines n'ont pas été versées depuis six mois, et l'harmonisation des règles de contrôle des pêches et des règles de sécurité des navires en France.
Le Comité national des pêches explique que « l’accumulation des normes, des menaces, des contentieux remet en cause le fondement même de notre métier en nous culpabilisant d’exercer nos métiers : le seul objectif est pourtant de nourrir les Français et les Européens ».
En vingt ans, la flotte française a diminué de plus d’un quart, alors que la pêche nationale ne représente que 25 % du poisson vendu sur les étals. La situation ne s’est pas arrangée avec le Brexit, puisque 90 navires ont été envoyés à la casse.
Le secrétaire d'Etat français chargé de la Mer, Hervé Berville, qui s'est dit « solidaire de l'esprit du mouvement », va rencontrer le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, jeudi aux Sables-d'Olonne (ouest).