Lassaad Ben Ahmed
22 Février 2018•Mise à jour: 22 Février 2018
AA / Paris / Fatih Karakaya
Le ministre de l'Intérieur français, Gérard Collomb, a présenté aux membres du gouvernement le nouveau projet de loi sur le droit d'asile et l'immigration, dont la mesure phare concerne le rallongement de la durée de détention préventive de 45 jours à 90 jours.
Lors d'une conférence de presse, tenus mercredi, Gérard Collomb s'est voulu pourtant optimiste et a préféré parler "des effets positifs de la nouvelle loi".
"Le projet de loi vise à avoir une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif", a-t-il souligné devant les journalistes. Le gouvernement souhaite réduire à six mois les délais d’instruction de la demande d’asile et à faciliter la reconduite à la frontière des déboutés.
En augmentant la durée de rétention de 45 jours à 90, voire à 135 en cas d'obstruction à la justice, le ministre espère renvoyer dans leurs pays les demandeurs d'asile avant l’expiration du délai de détention préventive.
Pourtant, selon la radio française Europe 1, une trentaine de députés de la majorité ont déposé 4 projets d’amendement afin d'améliorer le quotidien des réfugiés, et ce, malgré les injonctions du gouvernement. Europe 1 rappelle que c'est une première depuis l'élection de Macron où des députés agissent contre le Président.
Par ailleurs, dans un communiqué de presse, le parti de l'opposition Les Républicains estime, quant à lui, que cette nouvelle loi "ne répond en rien à l’ampleur et à la gravité des défis migratoires" et propose d'aller plus loin avec cinq mesures.
Parmi ces propositions, on trouve "le refus de l’extension du regroupement familial aux frères et sœurs des réfugiés mineurs", "le placement des demandeurs d’asile provenant de ressortissants de pays sûrs en centre de rétention administrative", "le placement en centre de rétention administrative comme "la règle" pour les déboutés du droit d’asile et les migrants économiques en situation irrégulière" et "l’expulsion systématique des ressortissants étrangers ayant commis un crime ou un délit".
En outre, de nombreuses associations de défense de migrants comme la Comité Inter-Mouvements Auprès Des Évacués (Cimade) sont montées au créneau.
Dans un entretien accordé au journal Libération, lundi dernier, le secrétaire général de la Cimade, Jean-Claude Mas, assure que "la France ayant déjà une durée de rétention inférieure aux autres pays, expulse le plus de réfugiés en Europe".
Ainsi, il conteste la prolongation de la durée de rétention comme «un outil d'aide à l'expulsion».
La loi sera examinée en commission parlementaire début avril en séance plénière à la mi-avril.