Fatma Bendhaou
10 Août 2021•Mise à jour: 10 Août 2021
AA/Nice/Feiza Ben Mohamed
La garde à vue de l’assassin présumé du Père Olivier Maire, tué lundi en Vendée à l'ouest de la France, a été jugée incompatible avec sa santé mentale, selon une information rapportée lundi soir par la presse française.
L’homme, un ressortissant rwandais de 40 ans, déjà mis en cause pour avoir incendié la cathédrale de Nantes en 2020, a été interné en hôpital psychiatrique.
Placé en garde à vue dès 9 heures 15 après s’être présenté de lui-même à la gendarmerie pour signaler avoir tué le prêtre qui l’hébergeait, il a fait l’objet d’une expertise psychiatrique qui a finalement conclu à un état mental qui ne lui permet pas de répondre aux questions des enquêteurs.
Le mis en cause avait déjà été interné en psychiatrie en juin et en était ressorti fin juillet, soit une dizaine de jours avant ce terrible passage à l’acte.
Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin, a fait le déplacement en Vendée et s’est entretenu avec les membres de la communauté catholique de Saint-Laurent-sur-Sèvres, à laquelle appartenait le Père Olivier Maire.
« S'en prendre à un prêtre, s'en prendre à un homme d'église, c'est toujours s'en prendre à l'âme de la France. (...) Je veux dire à quel point nous pensons et nous voulons que la vérité soit faite sur cet acte odieux » a-t-il indiqué au cours d’un point presse.
Durant sa prise de parole, il s’est dit solidaire de la communauté catholique et assure que l’auteur présumé des faits, n’a pas pu être expulsé avant car le droit français implique qu’une personne qui fait l’objet de poursuites judiciaires, doit d’abord répondre de ses actes avant d’être renvoyée dans son pays.
Après avoir incendié la cathédrale de Nantes en juillet 2020, il faisait l’objet d’un placement sous contrôle judiciaire.
« Nous ne pouvions pas exécuter la décision d'expulsion du territoire national de cette personne puisqu'elle a été pendant plusieurs mois en prison puis libérée sous contrôle judiciaire. Ce contrôle judiciaire stipulait explicitement qu'il ne pouvait pas quitter le territoire en attendant la décision de justice », a expliqué le ministre.
Il estime néanmoins que « le moment ne doit pas être à la polémique mais aux condoléances », faisant allusion aux invectives de l’extrême-droite, notamment la députée Marine Le Pen, qui pointe du doigt le fait que cet homme n’a pas été renvoyé au Rwanda après l’incendie de Nantes.
Le parquet de La Roche-sur-Yon a ouvert une enquête sous la qualification d’homicide volontaire et écarte à ce stade toute motivation terroriste du suspect.
S’agissant de son parcours, ce dernier a été policier au Rwanda avant de déserter pour se rendre en France.
Une enquête du magazine La Croix met en lumière le fait qu’il aurait été particulièrement marqué par le génocide du Rwanda auquel son père a participé, et qu’il nourrissait un ressentiment vis à vis de la France où il s’est heurté, depuis son arrivée, à de nombreuses difficultés administratives.