Bilal Müftüoğlu
19 Janvier 2016•Mise à jour: 19 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La justice française a suspendu le projet de "garde biterroise" voulue par Robert Ménard, maire de Béziers proche du Front national (FN), dans le contexte de l'état d'urgence en France.
Le tribunal administratif de Montpellier qui a rendu sa décision mardi, a estimé qu'il existe un "doute sérieux sur la légalité" de la "garde" qui serait composée d'anciens policiers, militaires, gendarmes et pompiers pour aider les efforts de la police.
Saisi par le préfet de l'Hérault, qui avait initialement demandé à Ménard d'abandonner le projet, les juges ont tranché que "les tâches de surveillance des bâtiments publics et de la voie publique sont partie intégrante, dans les communes, de la police municipale et doivent être exercées par le maire ou par des agents placés sous son autorité, sous le contrôle du représentant de l’Etat" et qu'ainsi Ménard ne pouvait "légalement confier" ce rôle à des particuliers.
Le Conseil municipal de Béziers avait adopté décembre dernier une décision prévoyant la création d'une garde qui devrait soutenir les forces de l'ordre "en cas de troubles à l'ordre public" et "dans un contexte marqué par l'état d'urgence".
Fondateur de l'association de défense de liberté de la presse, Reporters Sans Frontières (RSF), Ménard avait été élu comme maire de Béziers en 2004 par le soutien du parti frontiste.
Il était par ailleurs au cœur d'une autre controverse en mai dernier, lorsqu'il avait affirmé sur France 2, que dans sa ville "il y a 64,6% des enfants qui sont musulmans dans les écoles primaires et maternelles". Le parquet de Béziers avait alors ouvert une enquête sur le "fichage" des élèves, seulement pour la classer deux mois plus tard.