Ümit Dönmez
20 Juin 2023•Mise à jour: 20 Juin 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que la dissolution du groupement d'associations écologistes « Soulèvements de la Terre » aurait lieu ce mercredi, en conseil de ministres.
Lors de la séance de questions au gouvernement, ce mardi à l'Assemblée nationale, Gérald Darmanin répliquait au député Renaissance Thomas Rudigoz qui dénonçait les violences survenues entre les militants écologistes et les forces de l'ordre, lors de la manifestation contre la liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin le week-end dernier.
"Aucune cause ne justifie qu'on blesse des policiers et des gendarmes", a plaidé le locataire de la place Beauvau.
En réaction à cette annonce, le groupement d'associations écologistes a publié un communiqué, dénonçant une décision "très politique et particulièrement inquiétante".
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin avait engagé la procédure de dissolution de l'association écologiste le 28 mars dernier, quelques jours après les affrontements avec les forces de l'ordre à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) au cours d'une manifestation contre de géants réservoirs d'eau pour l'irrigation agricole à fin d'exportation.
Interrogé ce dimanche par BFMTV sur cette décision qui était annoncée en mars, le leader historique de La France Insoumise (LFI) a exprimé son opposition totale à cette décision qu'il a qualifiée de "stupide". Jean-Luc Mélenchon a estimé que cette dissolution est juridiquement "irréalisable, car les 'Soulèvements de la Terre' n'est pas une association, mais une fédération d'associations".
Pour rappel, la France a récemment été épinglée par des experts de l’ONU pour son "usage excessif de la force lors des récentes manifestations contre la réforme des retraites et les projets de méga-bassines en France", selon un communiqué du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’organisation publié jeudi dernier.
Les experts appellent "la France à respecter ses obligations internationales afin de faciliter et protéger les manifestations pacifiques, ainsi qu’à promouvoir la liberté d’association, notamment en prenant les mesures nécessaires pour enquêter sur les violences commises au cours de ces manifestations et traduire leurs auteurs en justice".
"La répression des forces de l’ordre aurait fait des dizaines de blessés, dont des manifestants, des journalistes, des élus et des passants. À différentes occasions, dans la capitale, la brigade motorisée Brav-M aurait menacé et frappé des manifestants. À Sainte-Soline, la police aurait tiré au LBD (lanceur de balles de défense) 40 depuis des quads en mouvement et les secours auraient reçu l’interdiction d’intervenir pour secourir un blessé grave", lit-on dans le communiqué de l'ONU.