Lassaad Ben Ahmed
08 Octobre 2019•Mise à jour: 09 Octobre 2019
AA / France / Fawzia Azzouz
Le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner est auditionné par la délégation parlementaire en charge du renseignement, a annoncé le président de la mission, le sénateur LR (Les Républicains) Christian Cambon au cours d’une conférence de presse, tenue mardi matin, juste avant l'audition.
Cette audition intervient après l’attaque au couteau perpétrée, jeudi dernier, par un fonctionnaire administratif de la préfecture de police de Paris et qui a coûté la vie à quatre policiers en service jeudi 3 octobre.
Les thématiques qui seront abordées durant cette audition à huis clos tournent « autour de l’habilitation » secret-défense, et de « la détection de la radicalisation » au sein des services de l’Etat.
Christian Cambion a, par ailleurs, expliqué que les quatre sénateurs et quatre députés qui procéderont à l’audition du ministre de l’Intérieur souhaitent obtenir des réponses quant aux procédures de « sécurité » mises en place au sein de la préfecture de police parisienne.
Enfin, le dernier sujet qui sera abordé par les parlementaires concerne « le point le plus inquiétant », à savoir « les données auxquelles cet opérateur de maintenance informatique a pu avoir accès ».
Le sénateur, président de la délégation parlementaire au renseignement, a indiqué que « sur la clé USB qui a été saisie, des listes de noms de ses collègues (policiers) avec leurs références et leurs adresses, ont été trouvées ».
Lors de cette audition, Christophe Castaner est accompagné de son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez ainsi que du préfet Didier Lallement.
Au terme de cette audition, le locataire de Beauvau se rendra à la préfecture de police de Paris où une cérémonie officielle présidée par le chef de l’Etat Emmanuel Macron, est organisée en hommage aux victimes.
Castaner sera également auditionné par la commission des lois de l’Assemblée nationale en fin de journée puis par celle du Sénat jeudi.
Pour rappel, jeudi entre 12h53 et 13 heures (heure locale), Mickaël Harpon, un agent administratif affecté à la DRPP (Direction du Renseignement de la Préfecture de Police) a égorgé un de ses collègues policiers et poignardé mortellement trois autres fonctionnaires de police avant d’être abattu par un stagiaire gardien de la paix.
Le PNAT (parquet national antiterroriste) s’est saisi de l’enquête vendredi en fin de journée suite à des éléments retrouvés dans le téléphone de l’assaillant et qui démontraient une volonté de mourir au cours de son acte.
Son épouse, interpellée jeudi peu après les faits lors d’une perquisition au domicile familial, a finalement été relâchée après 70 heures de garde à vue, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elle à ce stade des investigations.