Lassaad Ben Ahmed
08 Janvier 2018•Mise à jour: 08 Janvier 2018
AA/France/Fawzia Azzouz
Martine Landry, une des responsable d'Amnesty International à Nice, comparaissait lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de la ville, pour "avoir facilité l'entrée en France de deux migrants mineurs en situation irrégulière". L'audience a été reportée au 14 février prochain à la demande du parquet.
Martine Landry a 73 ans. Elle fait partie des responsable d'Amnesty International à Nice. Le 28 juillet dernier, deux jeunes guinéens de 15 et 16 ans, sont orientés vers le poste de frontière français par la police italienne.
Sur place, ils rencontrent la septuagénaire, qui les accompagnes, à pied dans l'espoir qu'ils soient pris en services de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE).
Les faits d'accusation sont clairs, elle est soupçonnée d'avoir "facilité l'entrée en France de mineurs étrangers en situation irrégulière" pour avoir "pris en charge et convoyé pédestrement du poste frontière côté Italie au poste frontière côté France", selon le journal Le Figaro.
Interrogée par France Inter, Martine Landry dément formellement l'accusation et explique que "Je n'ai pas facilité l'entrée, je les ai pris en charge à la frontière même, au panneau 'frontière', pas avant, et je les ai conduits à la PAF (la police aux frontières) à pied. Ensuite, j'ai demandé, comme c'est la loi, d'appeler l'aide sociale à l'enfance pour qu'on vienne les prendre en charge".
Lundi 8 janvier, Martine Landry comparaissait devant le tribunal correctionnel de Nice, accompagnée de près de 200 militants venus la soutenir mais l'audience a été renvoyée au 14 février prochain à la demande du parquet. Elle risque 30000 euros d'amende et 5 ans de prison.
Pour rappel, plusieurs militants ont déja été condamnés en France pour des "délits de solidarité" à l'image de Cédric Herrou qui a été condamné à 4 mois de prison avec sursis par la cour d'appel d'Aix en Provence ou encore Pierre-Alain Mannoni, enseignant et chercheur au CNRS, condamné à deux mois avec sursis.
A noter que le tribunal correctionnel de Nice les avait, tous deux, relaxés, avant que le parquet ne fasse appel du jugement et qu'ils ne soient finalement condamnés par la Cour d'Appel d'Aix en Provence.