Ümit Dönmez
04 Mai 2023•Mise à jour: 06 Mai 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le Quai d'Orsay s'est abstenu de tout commentaire, ce jeudi, face aux accusations portées la veille envers les États-Unis par l'ancien Premier ministre, François Fillon, dans le cadre d'une commission d'enquête parlementaire sur les ingérences étrangères.
La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Anne-Claire Legendre, a répondu à la question d'Anadolu lors d'une conférence de presse hebdomadaire.
Au cours de son audition par la commission parlementaire, François Fillon a déclaré que le plus grand nombre d'ingérences auxquelles il avait personnellement été confronté émanaient "d’un pays ami et allié qui s’appelle les États-Unis".
François Fillon a ajouté que durant son quinquennat à Matignon (2007-2012), il avait été "écouté avec le président Sarkozy pendant cinq ans par la NSA", (National Security Agency), une agence de renseignements américaine.
Interrogée par Anadolu (AA) sur cette déclaration, Anne-Claire Legendre a estimé que le Quai d'Orsay n'a pas "de commentaire ou de déclaration à faire".
À la question d'AA sur les déclarations du Président Emmanuel Macron à propos de Taïwan, à son retour de sa visite officielle en Chine à la mi-avril, Anne-Claire Legendre a tenu à souligner que "l'alliance avec les États-Unis est un pilier de la sécurité européenne, notamment dans le cadre de l'OTAN".
"Elle n'empêche pas de développer une souveraineté et une autonomie européennes. Il s'agit pour les Européens de développer une maîtrise de leur destin, notamment s'agissant de la situation dans l'Indo-pacifique", a souligné la porte-parole de la Diplomatie française.
Pour rappel, le chef d'État français avait accordé un entretien au site Politico, aux Échos, et à France Inter, dont le contenu avait été rendu public après son retour de Chine.
Emmanuel Macron avait suggéré de ne pas faire preuve de "suivisme" à l’égard des États-Unis face à la Chine, notamment au sujet de Taïwan.
"La pire des choses serait de penser que nous, Européens, devrions être suivistes sur ce sujet et nous adapter au rythme américain et à une surréaction chinoise", avait-il estimé. Cette déclaration avait été interprétée comme une accusation portée envers Washington d'être l’origine de l’escalade entre Pékin et Taïwan, alors que les forces chinoises encerclaient l'île dans le cadre d'exercices militaires.
"Nous ne voulons pas entrer dans une logique de bloc à bloc", avait ajouté le chef d'État français, soulignant l'importance d'une "autonomie stratégique" européenne, particulièrement dans le contexte de la guerre en Ukraine.