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22 Juillet 2021•Mise à jour: 22 Juillet 2021
AA / Beyrouth
Des militants libanais ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux intitulée "Représentants nitrates", plus tôt en cette journée du jeudi, pour dénoncer le refus de juger des députés devant la justice, dans l’affaire de l'explosion du port de Beyrouth.
L'Agenda juridique (une société civile basée à Beyrouth) a publié, dans la journée du mercredi, une pétition signée par 28 députés (sur 128) rejetant le procès de 3 députés devant la justice pénale, et demandant que les poursuites soient menées devant le Conseil suprême pour le procès des présidents et ministres, étant donné que les députés en question étaient ministres auparavant.
Les signataires de la pétition référaient à Ali Hassan Khalil, Ghazi Zuaiter et Nihad al-Machnouk, les anciens ministres et actuels députés. L'enquêteur judiciaire dans l'affaire de l'explosion du port, le juge Tarek Bitar, a demandé la levée de leur immunité pour les besoins de l’enquête dans cette affaire, au début du mois.
En riposte à cette pétition, des militants libanais ont lancé une campagne sur Twitter sous le hashtag "députés des nitrates", au cours de laquelle ils ont publié des photos des députés signataires de la pétition, et dénoncé ce qu'ils considéraient comme une "obstruction" de leur part aux enquêtes dans cette affaire.
L’un des participants à la campagne, Paul Najjar (le père d’Alexandra, une des victimes de l'explosion du port), a décrit la pétition parlementaire des "députés des nitrates" comme "une liste de la honte et des criminels".
En outre, la militante Joséphine Bou Saab a tweeté : "Personne n'est au-dessus des martyrs du 4 août (...) notre sang à lui seul est une ligne rouge."
Les signataires de la pétition ont exprimé leur refus de juger les trois députés devant la justice pénale, demandant l'autorisation de les poursuivre devant le Conseil suprême pour le procès des présidents et des ministres, étant donné que les crimes dont ils sont accusés ont eu lieu alors qu'ils étaient ministres.
Jusqu'à 10 h 40 GMT, le Parlement libanais n'avait encore émis aucun communiqué concernant cette pétition.
Dans une interview à l'Agence Anadolu, le constitutionnaliste Adel Yammine a expliqué que la pétition parlementaire nécessite la signature de 26 députés pour être débattue en séance plénière, afin de la voter, soit en l'acceptant, soit en déférant les suspects à la justice pénale.
En 1990, le Conseil suprême pour le procès des présidents et des ministres libanais a été créé, il réunit des députés et des juges, mais il n'y a jamais eu de comparution devant lui dans l’histoire du Liban.
Le 4 août 2020, une énorme explosion s'est produite dans le port de Beyrouth, tuant plus de 200 personnes et blessant environ 6 000 autres. La déflagration avait aussi causé des dégâts matériels massifs dans des bâtiments résidentiels et des établissements commerciaux, d’après les chiffres officiels.
*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour