Atem Simon Mabior Ajaang
03 Juillet 2018•Mise à jour: 04 Juillet 2018
AA / Djouba / Atem Simon
Le gouvernement sud-soudanais a soumis une proposition d'amendements constitutionnels au parlement national de transition, prorogeant le mandat de l'actuel président Salva Kiir Mayardit et du parlement pour trois autres années.
La proposition du gouvernement intervient à un moment où il négocie avec des groupes d'opposition dans la capitale soudanaise Khartoum pour relancer l'accord de paix signé en août 2015.
Les législateurs ont reçu une proposition du Conseil des ministres du gouvernement de transition en vue de modifier les dispositions de la Constitution afin de proroger le mandat du président Salva Kiir et du Parlement jusqu'en Juillet 2021, a indiqué à Anadolu Paul Yoane Bonju, président du Comité d'information du parlement.
"Nous avons reçu la proposition d'amendements, lundi, mais les législateurs en discuteront avant de voter", a-t-il précisé.
La proposition d'amendements constitutionnels a été renvoyée à la Commission de la Justice et de la Législation pour délibération avant d'être soumise aux parlementaires.
La proposition du gouvernement appelle à la modification de l'article 66 de la Constitution pour prolonger le mandat du parlement de transition et de l'article 100, qui évoque le mandat du président.
Les articles disposent que les mandats du président et du parlement prennent fin avec l'expiration de l'Accord de paix en août 2018.
Le gouvernement envisage de proroger ainsi le mandat du président et du parlement afin que les deux institutions ne se trouvent dépourvues de leur légitimité après le mois d’août si aucun arrangement ne sera trouvé avec les factions d’opposition pour relancer l'accord de paix parrainé par l'Autorité intergouvernementale pour les pays en développement d'Afrique de l'Est (IGAD).
Mercredi dernier, Salva Kiir et le chef de l'opposition armée Riek Machar ont signé à Khartoum, un accord prévoyant un cessez-le-feu permanent et l'ouverture des points de passage à des fins humanitaires, et la libération des prisonniers et des détenus politiques.
Ce fut l'aboutissement des efforts de l'IGAD au cours des dernières semaines pour mettre fin à la guerre civile qui a éclaté en 2013, deux ans après la partition entre Djouba et Khartoum.
Le Soudan du Sud a été séparé du Soudan par référendum en 2011. Deux ans après, une guerre civile entre les forces gouvernementales et l'opposition a éclaté prenant une dimension tribale.