Şeyma Erkul Dayanç
12 Décembre 2025•Mise à jour: 12 Décembre 2025
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
À l’issue de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences fondées sur le genre, plusieurs pays membres du Partenariat mondial contre le harcèlement et les abus basés sur le genre en ligne ont publié une déclaration conjointe pour prévenir et répondre à la diffusion d’images sexuelles et intimes non consenties (NCII), selon un communiqué du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Parmi les signataires figurent l’Australie, le Canada, le Chili, la Corée du Sud, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Islande, le Monténégro, la Suède et le Royaume-Uni. La déclaration s’étend également aux contenus manipulés ou générés par des technologies numériques, comme l’intelligence artificielle.
L’avènement de l’IA générative a considérablement aggravé l’ampleur et la portée des abus liés aux NCII, avec une augmentation de 550 % des deepfakes (enregistrement vidéo ou audio réalisé ou modifié grâce à l'intelligence artificielle) signalés depuis 2019. Selon ONU Femmes, 98 % des vidéos deepfake en ligne sont à caractère sexuellement explicite et 99 % d’entre elles ciblent des femmes et des filles.
Le texte souligne que de nombreux incidents restent non signalés, en raison de la peur, de la stigmatisation ou de l’absence de dispositifs de soutien efficaces. Il met l’accent sur la nécessité d’une réponse centrée sur les victimes, incluant un accompagnement juridique, psychologique et technique.
La déclaration appelle également à la mise en place de cadres juridiques complets criminalisant le NCII et à une coopération internationale renforcée pour lutter contre la circulation transfrontalière de ces contenus. Les fournisseurs de services numériques sont invités à adopter des politiques robustes, visant à détecter, supprimer et prévenir la diffusion de contenus non consentis, et à explorer des solutions techniques, comme le hachage d’images, pour limiter leur réapparition.
Le communiqué rappelle que ce type de violence affecte toute la population, y compris les hommes et garçons, mais touche de manière disproportionnée les femmes, les filles et les personnes LGBTQI+, renforçant l’urgence de mesures coordonnées à l’échelle mondiale.