Nadia Chahed
29 Mars 2017•Mise à jour: 29 Mars 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
L'Organisation internationale de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch (HRW), a dénoncé, mercredi, l'acquittement par la Cour d'assises d'Abidjan de l'ex-première dame de Côte d'Ivoire Simone Gbagbo jugée, depuis près de dix mois, pour "crimes contre l'Humanité".
Cet acquittement « démontre les nombreuses irrégularités qui ont entaché le procès et laisse de graves questions sans réponse concernant son rôle présumé dans les crimes brutaux perpétrés pendant la crise post-électorale de 2010-2011 », estime l'ONG dans un communiqué publié mercredi et dont Anadolu a reçu copie.
HRW note, en outre, que « l’enquête peu approfondie et les preuves ténues présentées lors de son procès soulignent l’importance de l’affaire en cours contre Simone Gbagbo à la CPI pour des crimes similaires. ».
Le juge Kouadjo Boiqui, président de la Cour d'assises d'Abidjan, avait déclaré, mardi soir, « Simone Gbagbo non coupable des crimes qui lui sont reprochés » et prononcé son acquittement, ordonnant sa remise immédiatement en liberté "si elle n'est retenue pour d'autres causes".
Simone Gbagbo reste cependant en prison, car condamnée, lors d'un premier procès le 10 mars 2015, à 20 ans de prison et dix ans de privation de ses droits civiques pour « attentat à l’autorité de l’Etat, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l’ordre public », durant la crise post-électorale de 2010-2011.
Simone Gbagbo a été arrêtée depuis le 11 avril 2011, en même temps que son époux, Laurent Gbagbo,au lendemain de la crise post-électorale de 2010-2011, qui avait fait plus de 3 000 morts.
Elle a aussi été inculpée par la CPI pour crimes contre l’humanité, mais les autorités ivoiriennes ont refusé de la transférer à la CPI.