Ecenur Çolak
17 Octobre 2018•Mise à jour: 18 Octobre 2018
AA - Rome
Selon l’agence italienne ANSA, deux migrants africains ont été reconduits vendredi dernier, par la gendarmerie française, sur le territoire italien.
La gendarmerie française aurait reconduit deux hommes d’origine africaine dans une zone boisée, à Clavière, proche de la ville de Turin au nord de l’Italie.
Le Ministère italien de l’intérieur a indiqué que la police italienne a pris note de la plaque d’immatriculation de la fourgonnette française, ajoutant qu’une enquête a été ouverte à ce sujet.
- Des explications requises
Dans une déclaration, le Ministère italien des Affaires étrangères a indiqué que des explications ont été exigées au sujet de la reconduite probable de deux migrants à Clavière.
"Le Ministère des Affaires Étrangères est entré en contact avec l’ambassadeur français et a exigé des explications. L’ambassade italienne à Paris a officiellement contacté les autorités françaises afin que la lumière soit faite sur l’incident."
- Des explications des "donneurs de leçons"
Le ministre de l’Intérieur italien et leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a également exigé, via son compte Facebook, des explications au sujet de l’incident survenu vendredi.
"Incroyable. J'attends des développements : je ne veux pas croire que la France de Macron utilise sa police pour débarquer clandestinement les immigrés en Italie. Mais si quelqu'un pense vraiment nous utiliser comme le camp de réfugiés de l'Europe, en violant les lois, les frontières et les accords, il se trompe grossièrement. Nous sommes prêts à protéger l’honneur et la dignité de notre pays à tous les niveaux. Nous attendons des explications de ceux qui nous donnent des leçons tous les jours."
L’Elysée reconnaît une "erreur"
"Il faut relativiser les choses", a déclaré, ce mardi, la présidence française face à la presse.
"C'est une erreur, la préfecture l'a reconnu. Il y a eu une incursion, pas prévue ni conforme aux consignes, en territoire italien, où deux personnes ont été déposées."
Si l'Élysée admet qu'une "erreur" a bien été commise, elle a néanmoins dénoncé une "instrumentalisation politique individuelle" de la part du ministre de l'Intérieur italien, qui a refusé les excuses de la France suite à cet incident.