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14 Mars 2023•Mise à jour: 14 Mars 2023
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a appelé, lundi les Etats-Unis d’Amérique et l'Europe à faire « beaucoup plus » pour sanctionner les élites haïtiennes qui jouent un rôle de premier plan dans ce pays des Caraïbes, livré au chaos et à l’insécurité depuis plusieurs mois, ont rapporté plusieurs médias locaux.
« Pour moi, la meilleure façon de refaire une stabilité pour Haïti, c'est d'abord de sanctionner les élites pour leur dire qu'elles ne peuvent plus financer les gangs ni l'instabilité politique », a lancé Trudeau en marge d’une Assemblée publique organisée, lundi, dans un quartier de la ville de Montréal (centre).
Trudeau répondait à une question d’un membre de l’auditoire concernant les préoccupations de la communauté haïtienne au Canada, dont la majorité écrasante réside dans la métropole québécoise.
« Les Etats-Unis ont commencé à faire plus de sanctions. On a besoin qu'ils en fassent beaucoup plus. On a besoin que l'Europe, que la France en fassent plus », a-t-il ajouté.
Il a souligné, également, que « les pays voisins d'Haïti avaient leur rôle à jouer dans cette approche. De deux, il faut qu'on s'assure que la police nationale haïtienne ait le pouvoir de faire son travail ».
Le Premier ministre canadien a indiqué que son gouvernement avait déjà infligé des sanctions à dix-sept personnalités haïtiennes, dont des anciens politiciens considérés comme étant complices des bandes armées qui sèment le désordre et terreur en Haïti.
Rappelons qu’au mois de novembre dernier, le Canada a commencé à infliger les premières sanctions conformément à la loi sur les mesures économiques spéciales.
Il s’agit, essentiellement, de l’ancien président haïtien Michel Martelly et de deux anciens Premiers ministres, Laurent Lamothe et Jean Henry Céant.
Le Canada compte une importante communauté haïtienne estimée à 165 mille personne, dont la majorité est établie dans la métropole francophone, Montréal.
Haïti souffre depuis plusieurs mois de problèmes d’ordre sécuritaire en raison du blocage de routes menant à la capitale Port-au-Prince par des gangs armés, avec comme résultat la restriction de l'accès aux services essentiels tels que le carburant, la nourriture, l’eau et les soins médicaux.