AA - Paris - Ümit Dönmez
La première Dame de France, Brigitte Macron a témoigné de sa gratitude aux Franco-Turcs, pour le soutien qu'ils ont apporté, notamment aux hôpitaux de France, ainsi qu'aux travailleurs de la santé, durant la crise de la pandémie Covid-19.
En visite mardi 19 mai, dans une blanchisserie éphémère de surblouses mise en place par la ville de Montfermeil, dans la banlieue parisienne, la présidente de l'association « Hôpitaux de France-Hôpitaux de Paris » a dit : "Un immense merci" aux Franco-Turcs.
La vidéo filmée par Ayse Baris, présidente de l'Association Centre Culturel Franco-Turc d'Aulnay-Sous-Bois, Sevran, et de Villepinte, et ayant pris une part effective mais discrète dans l'initiative de soutien, a été très vite partagée par de nombreux Franco-Turcs, sur les réseaux sociaux.
[Vidéo] #Covid_19 : "Un immense merci" de #Brigitte #Macron aux #Franco-#Turcshttps://t.co/NlyT47JZJo pic.twitter.com/fuki7BvaOt
— ANADOLU AGENCY (FR) (@aa_french) May 24, 2020
"Un immense merci pour tout ce que vous avez fait. Sans vous, les choses n'auraient pas été possibles", déclare notamment l'épouse du président français, Emmanuel Macron, avant de poursuivre ainsi :
"Vous avez rendu la vie pour nous un peu plus douce. Merci ! On voit ici toutes ces blouses que vous avez faites, qui vont rester, qui vont servir, et qui vont surtout nous apprendre à nous adapter dans chaque circonstance", confie Mme Macron, qui souligne l'importance du soutien apporté par les nombreux Franco-Turcs ayant pris part à l'initiative d'aide aux hôpitaux et au personnel soignant français, durant la crise de la pandémie Covid-19.
"Vous avez été indispensables à un moment totalement crucial! Merci à tous !", déclare notamment la première Dame de France.
Brigitte Macron promet, ensuite, de rendre visite aux associations franco-turques ayant pris part à l'initiative de soutien :
"Je suis désolée de vous le dire masquée. Et de ne pas vous voir. Donc je viendrai vous voir dès que tout ira mieux, c'est promis. Un grand merci et je vous envoie un bisou", déclare la première Dame joignant le geste à la parole.
- Les Franco-Turcs pro-actifs et solidaires durant la crise de la Covid-19
De nombreuses associations franco-turques, à commencer par celles de la région parisienne, avaient créé un groupe de solidarité au cours du mois de mars, afin de répondre aux besoins matériels et logistiques des professionnels de la santé de la région, dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et du manque de matériel médical avéré durant la crise, dans les hôpitaux français.
Les associations franco-turques de la région parisienne avaient notamment été les premières à mettre en place des ateliers de confection de surblouses, afin de soutenir les hôpitaux de la région, et de venir en aide au personnel soignant, dans une situation d'urgence sanitaire exceptionnelle ; à l'éventualité de laquelle, le gouvernement français ne semblait pas s'être adéquatement préparé.
Les associations franco-turques avaient, par la suite, transmis les surblouses cousues pour le personnel hospitalier, notamment au maire de la ville de Montfermeil, Xavier Lemoine, qui les avaient remises aux hôpitaux de sa commune.
Le mouvement s'était très vite répandu à un grand nombre d'associations et d'entreprises franco-turques.
De nombreux masques de protection grand public ont également été produits, dans les différents ateliers de ces associations, et distribués à tous les Français qui en avaient besoin, dans leurs régions respectives.
L'ambassadeur de la Turquie à Paris, Ismail Hakki Musa, et le consul général de la Turquie à Paris, Gorkem Baris Tantekin, avaient également apporté leur soutien aux activités des associations franco-turques.
- "D'ici une semaine, ils allaient totalement manquer de surblouses" : Témoignage d'un Franco-Turc ayant pris part à l'initiative de solidarité
Yusuf Aclan, âgé de 35 ans et résidant à Clichy-sous-Bois, est l'un de nombreux Franco-Turcs ayant pris part à l'initiative de soutien aux membres du personnel soignant de leur région, durant la crise de la pandémie de Covid-19. De façon similaire à une part importante des Franco-Turcs interrogés à ce sujet, il préfère la discrétion.
"J'avais décidé de rester anonyme", confie-t-il au journaliste de l'Agence Anadolu ayant pris contact avec lui, samedi, avant d'accepter de partager son expérience.
"Nous avons fait cela pour assumer notre devoir de citoyen", ajoute-t-il modestement.
Et de poursuivre : "Je n'ai aucun rôle officiel dans quoi que ce soit. J'essaie d'aider du point de vue humanitaire, en tant que Franco-Turc, en tant que personne de confession musulmane, je considère [ce soutien] mon devoir personnel", explique-t-il.
"De façon anonyme, je regardais les messages des réseaux sociaux, autour du 20 mars, environ. Je voyais qu'un besoin imminent de matériel médical allait se profiler", confie-t-il.
Un des amis d'Aclan, informé de la situation dans les hôpitaux de la ville de Montfermeil, limitrophe de Clichy-sous-Bois, lui avait décrit l'état catastrophique du stock de matériel médical, en pleine pandémie de Covid-19.
"D'ici une semaine, ils allaient totalement manquer de surblouses", se souvient notamment le jeune Franco-Turc.
- "On n'est pas des héros, mais quelques étincelles"
"Ma mère, mon père étaient dans la confection, à Paris", poursuit Yusuf Aclan dans son entretien avec le journaliste de l'Agence Anadolu.
Le jeune Franco-Turc décrit ensuite la mise en place de leurs ateliers de confections de surblouses pour les hôpitaux de leur ville, à l'aube de la crise de la pandémie de Covid-19, en France :
"Nous avons parlé avec les amis pour créer un groupe apolitique, au nom des Franco-Turcs de Paris, du coin, d'essayer de rassembler des donations de tissus, des personnes pour s'occuper de la confection, et des personnes pour s'occuper de la logistique", explique Aclan, qui cite notamment le nom d'Ayse Baris, présidente de l'Association Centre Culturel Franco-Turc d'Aulnay-sous-Bois, Sevran, et de Villepinte, et auteure de la vidéo de témoignage de Brigitte Macron, diffusée samedi.
"Notre association en collaboration avec le Collectif Covid-19 Aulnay-sous-Bois dont je fais partie, continuons sans relâche à soutenir les personnes dans le besoin. À cette occasion, nous avons confectionné et distribué des masques et des colis alimentaires à 49 étudiants des FAC Paris8 et Paris13 en résidence Universitaire de Stains", déclarait Ayse Baris, dans une publication vendredi, sur le réseau social Facebook, remerciant la présidence des Turcs de l’étranger et des communautés affiliées (YTB), "pour leur soutien financier pour la fabrication des masques en tissu, et un énorme merci à tous les donateurs qui ont participé", concluait la jeune Franco-Turque.
Contactée dimanche par l'Agence Anadolu, Ayse Baris, a tenu à remercier toutes les personnes qui ont pris part à l'initiative de soutien, à commencer par Yusuf à l'origine de celle-ci, ainsi que toute l'équipe du Collectif "Solidarité fabrication des masques et surblouses", notamment, Ipek, Hayati, Faruk, Servet, Burak, Bahri, Salih, Nuray, Ali, Seher, Abdurrahman et Mehmet. Baris tient à remercier la quarantaine de bénévoles ayant pris part dans la confection de surblouses pour aider le collectif.
Yusuf Aclan continue ainsi de décrire la mise en place du soutien franco-turc aux hôpitaux de sa ville :
"Dans un groupe WhatsApp, nous avons également quantifié les besoins en surblouses, des hôpitaux concernés. Ayse Baris organisait notamment les personnes dans la confection", explique-t-il.
"Nous avons fourni assez de surblouses [en temps voulu], note Aclan, poursuivant ainsi :
"Après, il fallait laver les surblouses. Montfermeil a mis en place la blanchisserie éphémère, loué des machines pour laver et repasser, stériliser, renvoyer à l'hôpital ; toute cette étape, c'est la ville qui a géré", selon Aclan, qui décrit à sa façon, le soutien apporté par son groupe d'amis aux hôpitaux de sa région :
"On n'est pas des héros, mais quelques étincelles", conclut le jeune Franco-Turc.
- Crise de la Covid-19 en France
Après être apparue à Wuhan, en Chine, à la fin de l'année dernière, la maladie de la Covid-19 a infecté plus de 5 millions 405 mille personnes dans le monde, tuant 343 983 personnes, selon les dernières données compilées par l'université John Hopkins, basée aux États-unis. Plus 2 millions 247 mille personnes ont recouvré leur santé, après avoir été contaminées par le nouveau coronavirus, à l'échelle globale.
En France, au moins 28 332 personnes sont décédées de la Covid-19 depuis le 1er mars 2020, selon le dernier bilan officiel du pays.
182 469 cas confirmés de contamination par le nouveau coronavirus ont été recensés dans l'Hexagone, ainsi que 64 547 cas rétablis confirmés.
Le mardi 17 mars à midi, la France est entrée dans une période de confinement allant durer jusqu'au lundi 11 mai, afin d'endiguer la propagation du nouveau coronavirus dans le pays, et de ne pas saturer les hôpitaux, qui étaient déjà en manque criant de moyens, avant la crise sanitaire de la pandémie de la Covid-19.
L'impréparation du gouvernement français face à la crise sanitaire avait fait l'objet de nombreuses critiques, notamment dans la société civile, mais aussi dans les médias, ainsi que dans la classe politique.
Le manque notable de tests de dépistages, de masques de protection, pour les professionnels de santé, mais aussi pour le grand public, ainsi que de surblouses, s'ajoutait à l'insuffisance du nombre de lits de réanimation et notamment du nombre de respirateurs disponibles.
La Turquie avait apporté son soutien à la France durant la crise, par l'envoi de matériel médical, notamment pour le département de l'Orne, suite à la demande d'aide effectuée par la sénatrice Nathalie Goulet à l'ambassadeur de Turquie à Paris, Ismail Hakki Musa, comme l'avait rapporté l'Agence Anadolu.
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