AA / Paris / Ümit Dönmez
Plus d'un tiers des victimes des catastrophes météorologiques survenues au cours des cinq dernières décennies, sont africaines, a indiqué l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport rendu public mercredi.
Révélant qu'à l'échelle globale, le nombre de catastrophes d'origine météorologique, climatique ou hydrologique s'est multiplié par 5 au cours des 50 dernières années, l'institution onusienne a indiqué que celles-ci ont causé davantage de dégâts, mais moins de décès, grâce à notamment de meilleurs systèmes d'information et d'alerte.
Les catastrophes météorologiques se sont multipliées au cours des 50 dernières années, causant plus de dégâts, mais moins de décès
— World Meteorological Organization (@WMO) September 1, 2021
Le changement climatique entraîne une augmentation des conditions météorologiques extrêmes, mais les alertes précoces sauvent des vies#COP26 pic.twitter.com/lQ8aurUuUZ
"Les catastrophes météorologiques se sont multipliées au cours des 50 dernières années, causant plus de dégâts, mais moins de décès. Le changement climatique entraîne une augmentation des conditions météorologiques extrêmes, mais les alertes précoces sauvent des vies", indiquait l'OMM dans un tweet publié mercredi et présentant le nouveau rapport.
- L'Afrique fortement affectée par les catastrophes
Selon l'Atlas (p.22) de la mortalité et des pertes économiques dues aux extrêmes météorologiques, climatiques et hydrologiques [1], établi par l'OMM, l'Afrique a été le deuxième continent le plus affecté alors que "de 1970 à 2019, 1 695 catastrophes enregistrées ont causé la mort de 731 747 personnes ainsi que 38,5 milliards de dollars américains de pertes économiques".
"L'Afrique représente 15 % des catastrophes d'origine météorologiques, climatiques ou hydrologiques, 35 % des décès associés et 1 % des pertes économiques signalées dans le monde", indique le rapport établissant que "les catastrophes associées aux inondations ont été les plus fréquentes (60 %), [alors que] les sécheresses ont causé le plus grand nombre de décès, représentant 95 % de toutes les vies perdues" et liées aux catastrophes causées sur le continent.
L'Atlas de l'OMM précise que la majorité des décès sont survenus lors de graves sécheresses en Éthiopie en 1973 et 1983 (400 000 morts au total), au Mozambique en 1981 (100 000) et au Soudan en 1983 (150 000).
Le rapport souligne l'insuffisance des infrastructures africaines, l'OMM faisant état "de graves lacunes dans les réseaux d'observation météorologique et hydrologique en Afrique".
L'Asie, a été le continent le plus affecté alors que 3 454 catastrophes ont été enregistrées entre 1970 et 2019, causant la mort de 975 622 personnes et des dommages économiques signalés, estimés à 1 200 milliards de dollars, selon le rapport (p.26).
"L'Asie représente près d'un tiers (31 %) des catastrophes d'origine météorologique, climatique ou hydrologique signalées dans le monde, représentant près de la moitié des décès (47 %) et un tiers (31 %) des pertes économiques associées. La plupart de ces catastrophes étaient associées à des inondations (45 %) et à des tempêtes (36 %)", indique le rapport de l'OMM faisant la liste des catastrophes les plus meurtrières au cours des 5 décennies passées.
#Climatechange has ⬆️ extreme weather but early warnings save lives
— World Meteorological Organization (@WMO) September 1, 2021
Deaths ⬇️ threefold 1970- 2019.
1970s and 1980s saw reported average 170 deaths per day
1990s - 90 deaths per day
2010s - 40 related deaths per day
More than 90% of deaths are in developing countries. pic.twitter.com/EDetW53qU1
- Plus de 2 millions de morts en 50 ans à l'échelle globale
À l'échelle globale, en moyenne, une catastrophe d'origine météorologique, climatique ou hydrologique a été enregistrée par jour au cours des 50 dernières années, causant quotidiennement le décès de 115 personnes ainsi que des dégâts économiques évalués à 202 millions de dollars, alors que 91% de ces décès sont survenus dans des pays en développement.
Au cours de la période de 1970-2019, plus de 11 000 catastrophes ont causé la mort d'au moins 2 millions de personnes dans le monde et des pertes économiques de 3640 milliards de dollars américains, selon l'Atlas de l'OMM établissant une division par 3 du nombre de décès au cours de cette période, alors que les pertes économiques ont été multipliées par 7.
#Climatechange has ⬆️ extreme weather but early warnings save lives
— World Meteorological Organization (@WMO) September 1, 2021
Deaths ⬇️ threefold 1970- 2019.
1970s and 1980s saw reported average 170 deaths per day
1990s - 90 deaths per day
2010s - 40 related deaths per day
More than 90% of deaths are in developing countries. pic.twitter.com/EDetW53qU1
"Trois des dix catastrophes les plus coûteuses ont eu lieu en 2017", indique le rapport de l'OMM citant les ouragans "Harvey (96,9 milliards de dollars), Maria (69,4 milliards de dollars) et Irma (58,2 milliards de dollars)".
- Les tempêtes et les sécheresses sont les plus meurtrières
Responsables aux cours des cinq dernières décennies du plus grand nombre de décès (plus de 38 %) liés aux catastrophes d'origine météorologique, climatique ou hydrologique, les tempêtes ont causé la mort d'au moins 785 000 personnes. Elles sont suivies par les sécheresses (34 %), ayant causé plus de 702 000 décès, les inondations (16 % soit 330 000 morts) et les températures extrêmes (9 % soit 185 000 décès).
"Le nombre de phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes augmente et deviendra plus fréquent et plus grave dans de nombreuses régions du monde en raison du changement climatique", a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, le professeur Petteri Taalas dans le communiqué d'introduction du rapport, publié mardi [2].
"Cela signifie plus de vagues de chaleur, de sécheresse et d'incendies de forêt comme ceux que nous avons observés récemment en Europe et en Amérique du Nord. Nous avons plus de vapeur d'eau dans l'atmosphère, ce qui aggrave les précipitations extrêmes et les inondations mortelles. Le réchauffement des océans a affecté la fréquence et la zone d'existence des tempêtes tropicales les plus intenses", a-t-il commenté.
"Mais, derrière les statistiques austères, se cache un message d'espoir. L'amélioration des systèmes d'alerte précoce multirisques a conduit à une réduction significative de la mortalité. Nous sommes, tout simplement, meilleurs que nous ne l'avons jamais été, pour sauver des vies", a indiqué le professeur Taalas signalant qu'il "reste encore beaucoup à faire" alors que "seule la moitié des 193 membres de l'OMM disposent de systèmes d'alerte précoce multirisques".
[1] « Atlas de la mortalité et des pertes économiques dues aux extrêmes météorologiques, climatiques et hydrologiques, Organisation météorologique mondiale » - OMM - 1e septembre 2021
https://library.wmo.int/doc_num.php?explnum_id=10769
[2] « Weather-related disasters increase over past 50 years, causing more damage but fewer deaths » - OMM - 31 août 2021
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