Bilal Müftüoğlu
13 Décembre 2016•Mise à jour: 13 Décembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France ne s'alliera "jamais" avec les "les responsables du martyre d'Alep (...) au nom d'un prétendu réalisme", a déclaré mardi le nouveau Premier ministre français Bernard Cazeneuve
Dans son discours d'entrée en fonctions devant les députés, une semaine après sa désignation en tant que Premier ministre par le président François Hollande, Cazeneuve a abordé la situation à Alep, dénonçant en particulier les exactions commises par le régime dans le cadre de sa dernière offensive.
"Au moment où je vous parle, une tragédie humanitaire effroyable frappe la ville d'Alep et sa population civile", a souligné Cazeneuve, évoquant les femmes et les enfants d'Alep qui "après des mois de siège, fuient sous les bombes et sont les victimes d'innombrables atrocités".
"Selon divers témoignages, les hommes de moins de 40 ans sont arrêtés, enrôlés de force, parfois exécutés par l'armée syrienne, avec l'appui des forces favorables au régime de Bachar el-Assad, à commencer par la Russie", a-t-il renchéri.
Et Cazeneuve de poursuivre: "Je dénonce l'horreur de ces massacres et j'affirme que ceux qui les ont perpétrés auront à rendre compte, devant la Communauté internationale, des crimes dont ils sont les auteurs".
Les exactions commises par les forces du régime et ses soutiens, qui risquent, selon Cazeneuve, d'être "constitutives de crimes de guerre, voire de crimes contre l'Humanité", seraient "accomplies avec un cynisme et une cruauté inouïs".
La France, qui a par ailleurs demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de se réunir sur la situation à Alep, ne changera jamais de position en Syrie, fustigeant implicitement les appels de François Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017, pour un rapprochement avec la Russie, voire avec le régime syrien.
"Jamais nous n'accepterons, au nom d'un prétendu réalisme, de nous allier aujourd'hui avec les responsables du martyre d'Alep", a-t-il ainsi noté.
- Des dizaines de milliers confinés à un espace de 6 kilomètres carrés à Alep
Des dizaines de milliers de civils sont coincés dans une zone de moins de six kilomètres carrés dans les quartiers Est de la ville syrienne d'Alep, après le retrait des forces de l'opposition de trois quartiers de la cité assiégée.
Après leur retrait des trois zones mentionnées, les forces de l'opposition ne contrôlent plus que 6 kilomètres carrés, contre 8,6 précédemment.
Les zones sous le contrôle de l'opposition sont désormais circonscrites dans une petite partie de la ville, où sont rassemblés près de cent mille civils.
Le ministère de la Défense russe avait affirmé, lundi, que les forces du régime syrien contrôlent désormais plus de 95% de la ville d'Alep. Des rapports font état d’exécutions menées par les forces du régime, dans les zones dont elles se sont emparées, dans l’Est d’Alep.
Des sources locales ont indiqué à Anadolu que les forces du régime et les milices chiites soutenues par l'Iran, ont commencé à tuer un grand nombre de civils dans les quartiers d’al-Ferdaws, et d’al-Kallaseh, dans la partie orientale d'Alep. Des femmes et des enfants ont été brûlés vifs, ont souligné les mêmes sources.