Lejla Biogradlija
10 Novembre 2021•Mise à jour: 12 Novembre 2021
AA / Sarajevo
Le président du Conseil présidentiel de Bosnie-Herzégovine, Zeljko Komsic, a interrompu l'interview qu'il accordait à l'agence de presse officielle serbe "Tanjug", quand le journaliste a déclaré qu'il n'y avait pas eu de génocide à Srebrenica.
Le journaliste de Tanjug, qui a qualifié le génocide de 1995 à Srebrenica de "crime terrible", a provoqué la colère de Komsic qui a alors interrompu l'interview et quitté la salle.
Le président du Conseil présidentiel de Bosnie-Herzégovine a pourtant rappelé au journaliste serbe en question que ce qui s'était passé à Srebrenica avait été déclaré génocide par une décision de justice internationale. Le journaliste refusant de parler de génocide, Komsic a donc déclaré : "Alors vous devez trouver quelqu'un d'autre à interviewer".
Cette posture de Komsic a été largement partagée sur les réseaux sociaux en peu de temps, les Bosniaques se félicitaient de la réaction du président du Conseil présidentiel.
- Ce qui s'est passé a été qualifié de "génocide"
La Cour internationale de justice de La Haye, dans sa décision de 2007, a décidé que ce qui s'était passé à Srebrenica et dans ses environs était un "génocide", sur la base des preuves du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).
Après l'occupation de Srebrenica par les troupes serbes sous le commandement de Ratko Mladic le 11 juillet 1995, les civils bosniaques réfugiés auprès des soldats néerlandais au sein des Nations Unies (ONU) ont ensuite été remis aux Serbes.
Autorisant les femmes et les enfants à atteindre la région sous le contrôle des soldats bosniaques, les Serbes ont massacré au moins 8 372 hommes bosniaques dans les zones forestières, les usines et les entrepôts. Les Bosniaques assassinés ont été enterrés dans des fosses communes.
Après la guerre, les victimes dont les corps ont été retrouvés dans les fosses communes sont enterrées lors d'une cérémonie organisée au cimetière commémoratif de Potocari le 11 juillet de chaque année après identification.
Alors que le commandant serbe Mladic a été condamné à la réclusion à perpétuité pour de nombreux crimes, dont le génocide, sa peine a de nouveau été confirmée lors du procès en appel qui s'est tenu le 8 juin dernier.
* Traduit du turc par Tuncay Çakmak