Menna Ahmed
05 Octobre 2018•Mise à jour: 07 Octobre 2018
AA / Riyadh
L’Arabie saoudite procédera à l’introduction en bourse de Saudi Aramco, fin 2020 ou début 2021.
C’est ce qu’a fait savoir le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, dans une interview publiée vendredi par l’agence américaine "Bloomberg".
Le prince saoudien a démenti les rumeurs sur l’annulation de cette introduction en bourse, "la plus grande de l’histoire de l’humanité", selon ses dires. Il a, à cet effet, expliqué que l’opération aura lieu après la fusion entre Saudi Aramco, la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures et Sabic (Saudi Basic Industries Corporation), le géant de l’industrie pétrochimique détenu à 70% par le gouvernement saoudien.
Alors que Saudi Aramco produit les hydrocarbures et veut désormais se spécialiser davantage dans la pétrochimie et que Sabic traite le pétrole que produit Saudi Aramco, le prince saoudien a dit avoir pensé à concilier les deux vocations et à fusionner les deux géants de façon à créer une méga entreprise énergétique.
"Nous avons donc convenu que le Fonds public d'investissement (PIF) vendra à Saudi Aramco les 70% qu’il détient à Sabic et Aramco se chargera des autres tâches de fusion… pour créer une méga entreprise dans ce domaine, en Arabie saoudite et dans le monde", a expliqué bin Salman, ajoutant qu’il fallait attendre au moins une année fiscale après la fusion pour pouvoir introduire Saudi Aramco [qui aurait fusionné avec Sabic] en bourse.
Le prince héritier est également revenu sur les derniers développements sur le marché mondial du pétrole. Il a, à cet égard, fait savoir que Washington avait demandé à Riyad et à d'autres gouvernement de compenser le manque du pétrole iranien. "Et tel a été le cas", a-t-il assuré, précisant que Téhéran a réduit ses exportations de 700 mille barils de pétrole par jour et que l'Arabie saoudite, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les pays non membres de l'OPEP en produisent 1,5 million de barils par jour. "Nous avons donc fait notre travail et plus encore", s'est-il félicité.
Pour ce qui est de la hausse des prix enregistrée le mois dernier, le prince saoudien a estimé qu'elle n'était pas due à l'Iran, mais plutôt à ce qui se passe au Canada, et au Mexique, en Libye et au Venezuela.
Interrogé également sur les récentes déclarations du président américain Donald Trump qui a averti que l'Arabie saoudite ne tiendrait probablement pas deux semaines sans l'assistance militaire de Washington, le responsable saoudien a avancé l'argument de l'histoire. "L'Arabie saoudite existait avant les Etats-Unis. Elle a été constituée en 1744, soit plus de 30 ans avant la fondation des Etats-Unis et nous ne paierons rien pour notre sécurité", a-t-il lancé.