Nadia Chahed
18 Octobre 2017•Mise à jour: 18 Octobre 2017
AA/Alger/Karim Kabir
L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Horst Köhler, est arrivé, mercredi matin, aux camps des réfugiés sahraouis, près de Tindouf (1800 Km au sud-ouest d’Alger), seconde étape de sa tournée dans la région dans l’espoir de relancer le processus de paix onusien bloqué depuis 2012, rapporte l’agence officielle APS.
Durant son séjour de deux jours, dans ce territoire désertique où vivent 160 000 réfugiés sahraouis, selon des sources officieuses,-l’absence de recensement est une des pierres d’achoppement entre les deux belligérants, le Maroc et le front Polisario- , Horst Köhler aura droit à un accueil populaire et va rencontrer les responsables sahraouis, les femmes, la jeunesse et des représentants de l’Association des familles des disparus sahraouis, le responsable du Croissant-Rouge sahraoui.
Il aura également des séances de travail avec la Minurso (Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référundum au Sahara occidental), selon l'APS.
Jeudi, il rencontrera le secrétaire général du Font Polisario, le président sahraoui Ibrahim Ghali.
L’ancien Président allemand qui a remplacé en août dernier, Christopher Ross, poussé à la démission, a entamé sa tournée dans la région lundi dernier par le Maroc où il a été reçu par le Roi, Mohamed VI et le chef du Gouvernement, Saad Eddine El Othmani. Mais rien n’a filtré de ses discussions avec les autorités marocaines.
Horst Kohler va chercher à relancer ce que son prédécesseur n’a pas réussi à faire en cinq ans : relancer le processus de règlement du conflit qui oppose le Maroc au front Polisario, mouvement qui réclame l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc.
Mais le Royaume propose la solution d’une large autonomie dans le cadre de sa souveraineté.
A la veille de cette visite dans les camps des réfugiés, un responsable sahraoui, le représentant du Front Polisario auprès des Nations-Unies, Ahmed Boukhari, a estimé que le nouveau représentant d’Antonio Guterres, doit faire la pression nécessaire sur la France afin de résoudre le conflit du Sahara occidental, vieux de 41 ans.
«S’il veut réaliser des progrès dans la recherche d’une solution au conflit du Sahara occidental, M. Kohler doit faire la pression nécessaire sur la France, car l’obstacle, c’est l’obstination du Maroc à maintenir l’occupation avec le soutien de la France», a affirmé Ahmed Boukhari lors d’une conférence de presse animée dans la nuit de mardi à mercredi dans les camps des réfugiés.
«Lorsque nous disons que la partie sahraouie va maintenir sa traditionnelle coopération, cela veut dire que l’obstacle ne se trouve pas ici, à notre niveau, mais il faut aller le chercher ailleurs et nous avons indiqué des portes : Il s’agit de Rabat et surtout la France », a-t-il accusé, selon des propos repris par l’agence officielle APS.
«Les autorités sahraouies ont toujours demandé aux émissaires onusiens pour le Sahara occidental de visiter les territoires sahraouis. Mais la réception et le black-out médiatique que lui a réservé Rabat, montre que les autorités marocaines sont en train de lui dire de manière implicite que vous n’êtes pas une persona non-grata », a-t-il ajouté.
Même s’il accuse le Maroc et la France d’être des obstacles aux efforts d’un règlement du problème, Ahmed Boukhari semble être optimiste.
«Vu son calibre politique et son expérience, je suis sûr qu’il n’acceptera pas la stratégie qui a été menée contre son prédécesseur Christopher Ross, je ne pense pas que M. Kohler soit venu pour gaspiller du temps », a-t-il estimé.
Après les camps des réfugiés, Horst Kohler devrait se rendre en Algérie et en Mauritanie.
Il devrait rendre au conseil de sécurité dans les prochaines semaines un rapport de sa mission dans la région.
Seul territoire en Afrique dont le statut n’est pas encore défini, le problème du Sahara occidental empoisonne les relations entre l’Algérie, soutien du front Polisario, et son voisin marocain.