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11 Février 2022•Mise à jour: 11 Février 2022
AA/New York
Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé, vendredi, les parties libyennes à préserver la stabilité de leur pays comme une « priorité absolue », en leur rappelant que l'objectif premier était d'organiser des élections dans les meilleurs délais.
C’est ce qui ressort d’un communiqué diffusé par le porte-parole du chef de l’ONU, Stéphane Dujarric, dont une copie est parvenue à l’Agence Anadolu, au lendemain de la nomination par la Chambre des représentants à Tobrouk (est) de Fathi Bachagha au poste de Premier ministre, une démarche susceptible de provoquer une crise politique, surtout que l'actuel chef du gouvernement d'union nationale, Abdulhamid Dbeibeh, a fait valoir que le Forum de dialogue politique libyen avait fixé la durée du mandat de l'autorité exécutive intérimaire à 18 mois, soit jusqu'en juin 2022 et déclaré qu’il ne remettrait le pouvoir qu'à « un gouvernement élu ».
« Le secrétaire général suit de près la situation en Libye et a pris acte du vote jeudi par la Chambre des représentants, - en concertation avec le Haut Conseil d’État -, en faveur d'un amendement constitutionnel, qui trace la voie pour la révision du projet de Constitution de 2017 et du processus électoral », a fait savoir Dujarric.
Jeudi, le président de la Chambre des représentants à Tobrouk, Aguila Salah, avait annoncé le vote en faveur d’une proposition d’amendement de la Déclaration constitutionnelle. Il est question à cet effet de former une commission mixte d’experts, composée de parlementaires et de non parlementaires, chargée d’examiner les articles et points litigieux dans le projet de Constitution et d'apporter les amendements nécessaires, dans un délai de 45 jours. Le projet de Constitution fera par la suite l’objet d’un référendum.
« Le secrétaire général prend également acte du vote qui a désigné un nouveau Premier ministre », précise le communiqué de l’ONU, en allusion faite à la nomination de l’ex-ministre de l’Intérieur, Fathi Bachagha, comme chef du gouvernement intérimaire.
Le communiqué ajoute que « Le chef de l’ONU exhorte toutes les parties et institutions à continuer de veiller à ce que de telles décisions cruciales soient prises de manière transparente et consensuelle, et de préserver la stabilité de la Libye comme une priorité absolue ».
« Nous rappelons à toutes les institutions l'objectif premier d'organiser des élections nationales dans les meilleurs délais afin de garantir le respect de la volonté politique des 2,8 millions de Libyens qui se sont inscrits sur les listes électorales », conclut le communiqué.
Les élections prévues initialement le 24 décembre 2021 en Libye, ont été reportées. L'impossibilité d'organiser le double scrutin législatif et présidentiel dans ce pays en proie à un conflit armé, s’explique par les différends qui minent les institutions officielles libyennes, en ce qui concerne notamment les législations électorales et le rôle de la justice dans les contentieux électoraux.
Jusqu’à présent, aucune nouvelle date n'a été convenue pour la tenue d'élections législatives et présidentielle, au travers desquelles les Libyens espèrent mettre fin au conflit armé qui ravage leur pays riche en pétrole depuis des années.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail