Qualid Filsde Mohamed Chine,Sami Anwar Rashad Ahmed
03 Décembre 2018•Mise à jour: 03 Décembre 2018
AA/ New York
Des discussions menées via l'application WhatsApp au cours desquelles Jamal Khashoggi a critiqué le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, pourraient être à l'origine de l’assassinat du journaliste, a rapporté dimanche CNN International.
La chaîne d’information américaine a diffusé le texte des discussions menées sur WhatsApp entre Khashoggi et l’activiste saoudien Omar bin Abdulaziz résidant au Canada.
"CNN" a émis l'hypothèse que les discussions de Khashoggi avec Omar bin Abdulaziz, très critiques à l’égard du prince héritier d'Arabie saoudite, ont été l'un des facteurs à l'origine du meurtre.
Khashoggi était en contact avec l’activiste depuis octobre 2017, a indiqué la chaîne, notant qu'elle a reçu de ce dernier plus de 400 discussions menées via WhatsApp, notamment des enregistrements audio, des photos et des vidéos.
Abdulaziz a poursuivi ses discussions avec Khashoggi sur WhatsApp jusqu’en août 2018, avant d’opter pour un autre canal, après avoir découvert que son téléphone était surveillé.
Dans l’un de ses messages, Khashoggi a écrit, au sujet du prince héritier saoudien, "Il aime la force et la répression". Il l’a en outre qualifié de «monstre» susceptible de dévorer tout le monde sur sa route (vers le pouvoir), y compris ses propres partisans.
Dans des déclarations à CNN, Abdulaziz a déclaré qu’il avait commencé à planifier avec Khashoggi, le lancement sur les réseaux sociaux, d'un mouvement de jeunes visant à demander des comptes au régime saoudien.
"Jamal a estimé que le problème était Mohammed bin Salman et que ce garçon devrait être arrêté", a-t-il déclaré.
L’activiste a indiqué qu’en août dernier, il a soupçonné son téléphone d’être surveillé après avoir été piraté. Khashoggi a été tué deux mois plus tard, a-t-il souligné.
"Le piratage téléphonique a joué un rôle important dans ce qui est arrivé à Jamal, en fait, je suis consterné", a-t-il relevé.
Bin Abdulaziz a déclaré avoir rencontré en mai dernier à Montréal, au Canada, des représentants des autorités saoudiennes qui l’ont informé que le prince héritier suivait ses messages diffusés sur Twitter.
Il a noté avoir enregistré le dialogue avec ces responsables, soulignant que l'un d'entre eux lui a dit: "Nous vous avons apporté une lettre de Mohammed bin Salman."
Les responsables saoudiens lui ont également demandé de se rendre à l'ambassade de son pays au Canada afin d’obtenir certains documents, a-t-il affirmé, précisant qu'il en avait informé Khashoggi.
Cependant, le journaliste l’a conseillé de ne pas y aller et de rencontrer plutôt ces individus dans des lieux publics.