Ferhat Demircan,Nur Asena GÜLSOY
17 Octobre 2018•Mise à jour: 18 Octobre 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le ministre turc de l'Intérieur, Suleyman Soylu, a défendu l'idée d'une présence militaire turque à l'Est comme à l'Ouest de l'Euphrate en Syrie.
Invité à la Table des Éditeurs de l'Agence Anadolu, mercredi, le ministre a commenté l'actualité sécuritaire, notamment les opérations de lutte contre le terrorisme de la Turquie.
Il a rappelé que certains, dans un esprit d'opposition au gouvernement, critiquent la présence de la Turquie, notamment dans le Nord de la Syrie, un comportement qu'il juge inacceptable au regard des enjeux de sécurité nationale que cela représente.
"Certains demandent 'que faisons nous ici ou là'. Si l'explosif est préparé à Afrin, et si les terroristes sont entrainés à Afrin, nous devons être à Afrin. Nous devons être présent à l'Ouest comme à l'Est de l'Euphrate", a t-il martelé.
Il a exprimé son regret que la Turquie n'ait pas pu intervenir à Raqqa.
"Si seulement nous étions rentrés dans Raqqa, si seulement nous y étions présents. On en comprendra l'importance dans 3 ou 5 ans", a-t-il estimé.
Soylu a indiqué que la lutte contre l'organisation terroriste PKK se poursuit d'une manière déterminée.
"Nous avons fait subir un grand choc physique et psychologique à l'organisation terroriste. Sur notre territoire, nous avons neutralisé 371 de ses dirigeants", a-t-il expliqué.
Il a notamment mis en avant la politique efficace appliquée par la Turquie pour freiner le flux migratoire provoqué par les crises qui agitent la région.
"En 2015, 8 500 personnes ont transité vers les îles (grecques), en 2017 seulement 79, et pour les 10 premiers mois de cette année, 86", a-t-il souligné.
Le ministre turc a estimé, qu'en accueillant les syriens, la Turquie avait donné une leçon d'humanité au monde entier.
"Les générations futures porteront, la tête haute, la fierté de nos actions envers les syriens, et pourront dire aux européens, 'nous l'avons fait mais vous ne nous avez pas soutenus'", a-t-il relevé.
Il a, par ailleurs, critiqué les entrepreneurs turcs en raison de leurs comportements vis à vis des syriens, "ils nous ont demandé d'enregistrer les syriens pour qu'ils puissent les embaucher légalement, mais une fois en place, ils n'ont pas tous respectés leurs engagements", a t-il dit, avant d'ajouter :
"L'apport fourni par les Syriens dans notre économie, malheureusement, nos hommes d'affaires ne l'ébruitent pas."