AA/Kidal /Fattouma Harber
En 2012, avec l’occupation du nord du Mali par les groupes armés en 2012, le déplacement de la population, et la destruction des bâtiments, l’école a connu un arrêt brutal. aujourd'hui, tout le système éducatif reste à reconstruire.
« Notre établissement a été le premier à subir l’attaque des rebelles à Aguel Hoc (ville situé à 300 km de Kidal) » en 2012, nous a confié Josué Guindo, un enseignant à l’IFM (institut de formation des maitres). « Heureusement, il n’y a pas eu de mort, mais nous avons été traumatisés à vie ».
Dans les villes du nord du pays comme Kidal, le passage des groupes armées en 2012 avant qu’il ne soient chassés par les forces françaises a laissé des séquelles indélébiles sur le système éducatif en plus d’avoir causé l’effondrement total des instituions d’éducation.
« Les petits enfants de Kidal ont vu l’école d’arrêter brusquement pour eux. Ce n’était déjà pas facile de convaincre les gens de Kidal d’inscrire leurs enfants à l’école» même après la libération de la ville, a ajouté Guindo à Anadolu.
Si à Gao et Tombouctou, un consensus avec le groupe armé Ansar’eddine a permis, durant l’occupation, à l’école de reprendre à condition de séparer filles et garçons et le port obligatoire du voile intégrale pour les premières, tel n’était pas le cas de Kidal où les groupes armés occupants ont exigé une école coranique malgré les protestations du MNLA (Mouvement pour la libération de l’Azawad-touareg).
Une mission conjointe du ministère de l’éducation nationale du Mali et de l’UNESCO datant d’octobre 2013 à Tombouctou, Gao et Kidal a fait un amer bilan « La quasi-totalité des infrastructures scolaires a été saccagée et pillée par les groupes armés. Le mobilier scolaire a été totalement détruit du fait de son utilisation comme combustibles à des fins de cuisine et autres.
Plus de la moitié des stocks de livres - surtout ceux écrits en français et se trouvant dans les bibliothèques ou dans les réserves - et tout le matériel de laboratoire destiné aux enseignants et aux élèves, ont été brulés, selon le rapport de la mission.
A la fin de l’occupation, les enseignants, surtout ceux originaires du sud, qui sont majoritaires, rechignent à reprendre le travail à cause de l’insécurité. Seulement 52, 55% des enseignants ont repris le chemin des classes aujourd'hui, selon l’Académie d’enseignement de Tombouctou, qui déplore autant l’absence des élèves qui atteint 40%.
« La situation des enseignants est particulièrement inquiétante » a confié à Anadolu Issa Hamidou Cissé, conseiller pédagogique au CAP (centre d’animation pédagogique) de Tombouctou.
«Depuis l’opération (militaire française) Serval en janvier 2013, il est demandé aux enseignants de rejoindre leurs postes d’avant le conflit, mais beaucoup refusent de revenir, surtout les enseignants originaires du sud» , a-t-il poursuivi.
Dans la région de Kidal qui comptait 492 enseignants pour 7298 élèves durant l’année scolaire 2011-2012 la plupart des écoles sont restées fermées malgré le retour de l’autorité de l’Etat dans le nord avec l’opération serval (11 janvier 2013).
à l’heure actuelle, sur les 62 écoles fonctionnelles avant la crise, seulement 6 écoles fondamentales ont été remise en fonction dans ces deux communes selon un rapport du ministère de l’éducation nationale du Mali. Trois établissements scolaires continuent d’être occupés par des groupes armés.
En revanche, la situation s'est relativement améliorée à Gao et à Tombouctou, deux autres localités du nord, où le ministère a lancé l’opération "Back to School" (retour à l’ecole) avec l’UNICEF, un projet financé par la Banque Mondiale qui vise le retour de 800 000 élèves déplacés maliens à l’école en leur procurant matériel scolaire et assistance alimentaire à travers la réhabilitation des cantines scolaires. Ce projet a permis la reprise progressive des cours.