AA/Moatez Mohamed
Le Fonds monétaire international (FMI) et l’Institut international de développement (IID - filiale de la Banque mondiale d’aide aux pays les plus pauvres), ont annoncé avoir décidé d’appuyer la suppression des dettes contractées par le Tchad d’un montant de 1,1 milliard de dollars.
Dans un communiqué commun dont l’agence Anadolu a obtenu copie jeudi, les deux institutions précisent qu’un milliard de dollars de ces dettes est dû à des parties internationales diverses, le reste étant des dettes commerciales et bilatérales versées au Tchad par des parties bien déterminées.
Les conseils d’administration du FMI et de l’IID justifient leur décision par le fait que le Tchad a pu réaliser un progrès satisfaisant dans la gestion de son économie de manière à répondre aux exigences et aux critères de l’initiative relative aux pays pauvres lourdement endettés auprès du FMI et de la Banque mondiale.
Le communiqué note que le Tchad a pris plusieurs mesures essentielles en matière de réforme économique dont l’élaboration d’une feuille de route participative pour une stratégie visant à réduire la pauvreté et devant être mise en œuvre sur une période d’une année au minimum, ainsi que son attachement à préserver la stabilité de l’économie globale.
Selon le FMI, le Tchad a bénéficié à l’échéance de l’année 2000 d’une suppression de dettes contractées auprès de ses créanciers d’un montant d’environ 170,1 millions de dollars, et ce dans le cadre de l’initiative ayant trait aux pays pauvres les plus endettés. Le FMI s’est ainsi dessaisi de 18 millions de dollars et l’Institut international de développement de 68,1 millions de dollars.
En répondant aux critères de cette initiative, le Tchad est désormais éligible à une suppression de dettes d’un montant de 509 millions de dollars dus à l’Institut ainsi que d’une dette de 236 millions de dollars due au Fonds africain de développement, en vertu du mécanisme multipartite d’allégement du fardeau des dettes.
Le communiqué prévoit que la Banque mondiale annonce dans les prochains mois un nouveau cadre de partenariat avec le Tchad pour la période 2016/2020, dans les domaines du développement rural, de la santé, de l’enseignement, de la protection sociale et de la gouvernance.
Le FMI estime que l’avancée enregistrée sur ce plan par le Tchad, qui est le 7ème plus grand producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, est de nature à l’aider à consacrer davantage de ressources pour réduire la pauvreté et conforter son développement économique.
Le Fonds table sur une croissance de l’ordre de 7,6% cette année pour le Tchad, contre 4,9 prévus auparavant.
L’allégement des dettes du Tchad devrait par ailleurs lui permettre de réduire son taux d’endettement par rapport aux exportations de 55,1% à 31,3% fin 2015 et à 12,5% à l’échéance 2019.
Le FMI considère que la capacité du Tchad à atteindre ces objectifs se fonde sur l’évolution de son économie à l’échelle globale, s’agissant notamment des exportations pétrolières, ainsi que sur les conditions d’obtention de nouveaux financements extérieurs et les politiques de gouvernance.
Pour le Fonds, une bonne gestion de l’économie globale accompagnée de progrès dans la diversification des exportations et d’une rationalisation de l’utilisation des dettes constituent des facteurs importants à même de préserver la capacité de ce pays à supporter les charges de la dette.
Lancée en 1996 par le FMI et la Banque mondiale, l’initiative relative aux pays lourdement endettés qui regroupe d’autres créanciers multilatéraux, a pour objectif de consentir des suppressions de dettes en faveur des pays les plus pauvres afin de préserver leur aptitude à supporter l’endettement et, partant, d’alléger les entraves à leur développement économique et de réduire le taux pauvreté découlant des services de la dette.
Quant à l’initiative multipartite visant à alléger le fardeau de la dette, elle a été créée en 2005 dans le but de limiter l’endettement des pays à faibles revenus et de leur procurer des ressources supplémentaires pour les aider à atteindre les Objectifs de développement du millénaire (OMD). En vertu de cette initiative, trois institutions internationales multilatérales (l’Institut international de développement, le FMI et le Fonds africain de développement) offrent l’opportunité de dispenser les pays éligibles des dettes contractées dans une proportion de 100%, pour peu qu’ils satisfassent aux critères de l’initiative concernant les pays pauvres lourdement endettés.