AA/ Libreville/ Ismael Obiang
Depuis l’interdiction en janvier 2010 par les autorités d’exporter des grumes brutes, le bois produit Phare du Gabon connaît ses plus beaux jours. Une industrie locale a pris la relève créant une dynamique économique autour de cette richesse naturelle nationale.
Scieries et ateliers de menuiserie fleurissent aujourd’hui à Libreville, et les stocks de bois prêt à la transformation s’étendent à perte de vue. A Atong Abè , quartier par excellence de l’activité du sciage, des menuisiers confectionnent des meubles, plus loin, d’autres scient et rabotent des planches, ailleurs encore des apprentis traitent les déchets du bois. Le tout, dans une ambiance digne de grandes industries.
«Nous nous approvisionnons en matière première à Owendo (ville située dans le Nord-est du pays), à raison de 200 voire 250 mille francs Cfa (414 à 518 USD) le chargement d'un camion » confie Yaya Obomidè propriétaire d’une scierie
A l’entrée de son atelier, des jeunes gabonais déscolarisés sont à pied d’œuvre. Ils sont chargés de raboter les planches et de ramasser les déchets de bois à revendre aux pêcheurs, indique-t-il. Se félicitant de contribuer à l’emploi des jeunes au Gabon, il dit récompenser leurs efforts quotidiennement à la fin de la journée.
Première richesse naturelle du pays, la production annuelle de bois au Gabon s'élève à 35.400 m3 . Le territoire gabonais est à 85 % recouvert de forêts avec près de 4000 essences d’arbres .Son bois évalué à 130 millions de mètres cube est mondialement réputé pour la fabrication de contre plaqués, selon la Société nationale des Bois du Gabon « SNBG »
Avant l’interdiction de l’exportation des grumes, le premier client du Gabon était la Chine, avec 1.103 274 m3 achetés par an, suivie de la France avec 277 675 mètres cube par an.
Avec l'interdiction d’exporter des grumes brutes prise par le chef de l’Etat gabonais en 2010, le bois a retrouvé ses galons et les scieries naissent partout. Le nombre d’usines est passé de 81 en 2009 à 114 usines en 2013.
Cette interdiction a permis également au secteur du bois d’occuper la deuxième place en matière d’emploi et de créer une dynamique économique qui a permis d’accroitre de 4 à 7 % la contribution de la filière du bois au produit intérieur brut (PIB) en l’espace de quatre ans, selon la direction générale de l’économie (DGE).
Mais les grands professionnels du secteur du bois sont, au fait, à 80% des étrangers. Les investisseurs locaux représentent uniquement 20% . Le désintérêt des entrepeurs Gabonais pour le secteur s’explique par la faiblesse de sa rentabilité du temps où il était exporté à l’état brut, d'autant que bon nombre d'entre eux ont longtemps considéré le travail du bois "avilissant".
Mais quel que soit la nationalité des investisseurs, l’interdiction de l’exportation du bois à l’état brut a permis d’atteindre des chiffres intéressants. Le nombre de salariés du secteur du bois est passé de 4000 en 2009 à près de 7000 à la fin de 2012. Le volume des exploitations a également bondit. En 2009, le pays exploitait 1 180 000 mètres cube de grumes contre 1 600 000 mètres cube aujourd’hui .