AA/ Mlabo/ Samuel Obiang Mbana/ MA
La Guinée équatoriale, petit pays situé au fond du golfe de Guinée en Afrique centrale, est devenue le nouvel eldorado pétrolier de l’Afrique avec une production de 400.000 à 600.000 Barils par jour et son avenir s'annonce "prometteur", compte tenu des investissements places dans les infrastructures. Toutefois, un grand travail reste à accomplir s'agissant du développement humain, puisque 75% de sa population vivenet toujours dans la pauvreté, selon l'économiste Luis Egambi.
Depuis l’an 2000, ce petit pays hier encore parmi les plus pauvres de la planète peuplé de 1,14 millions d’habitants a connu son boom pétrolier dont les recettes ont favorisé la transformation rapide de ses infrastructures. Toutefois, "il reste un grand travail à faire puisqu’une large frange sociale se veut encore exposée aux affres de la pauvreté", nuance l'économiste.
« Le pétrole est une chance et une bénédiction pour la Guinée équatoriale, contrairement à certaines appréciations, l’assimilant à un malheur ou à une malédiction pour les pays Africains » a déclaré à plusieurs occasions le président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 34 ans.
"Les recettes pétrolières et du gaz ont été consacrées et le sont à la construction des infrastructures, elles ont permis de construire les routes soit plus de 698 Km de routes bitumés sur une superficie de 28.058km2", se félicite M.Egambi.
Les revenus pétroliers et du Gaz, dont l’économie équato-guinéenne dépend à 90% ont servi à construire les aéroports de Mogomeyen dans le centre du pays, de Corisco dans le sud sur la partie continentale. Tout autant qu’ils ont permis la construction de deux barrages hydroélectriques pour alimenter tout le pays, et des Centrales hydroélectriques de Djibolho (120 MW) et de Sedje (200 MW). "Des réalisations à l'évidence salutaire", estime le même expert.
Selon une enquête sur le développement social en 2013, deux tiers des foyers équato-guinéens dont 43 % établis dans des zones rurales, sont raccordés au réseau électrique. Tout au plus, 56% ont désormais accès à l’eau potable selon un rapport du troisième vice-premier ministre en charge des droits de l’homme, datant du 5 mai 2014.
Malabo a construit, grâce aux revenus pétroliers, plus de 15.000 logements sociaux depuis 2008. Plusieurs bâtiments administratifs ont été bâtis sur la Zone "Malabo 2", premier projet réalisé avec les recettes pétrolières, selon la même enquête.
Le pétrole équato-guinéen a de surcroît contribué à "la construction du site prestigieux « Sipopo », quartier construit à la périphérie de la capitale en 2011 pour accueillir le 17e sommet de l’Union Africaine (UA), tenu la même année", se félicite l'expert économiste.
Totalisant un investissement de 300 milliards de FCFA (près de 627 millions usd), ce site comprend 52 villas présidentielles modernes, un terrain de golf, un hôpital, une plage artificielle et une autoroute à trois voies desservant Sipopo et le cœur de Malabo.
Parler de l’essor que connaît le pays ces dernières années, conduit corrélativement à évoquer un autre grand projet en cours de réalisation. Oyala, village au bord du fleuve Wele dans le nord-est, abritera sous peu un grand pôle administratif et universitaire. D’ailleurs, une université américano-équato-guinéenne ouvrira ses portes d’ici 2017. Ce site devra couvrir 32 000 hectares et accueillir 65 000 habitants.
Commentant l'ensemble des orientations économiques du pays, l’économiste Luis Egambi a laissé entendre que « l’investissement de la rente pétrolière dans les infrastructures relève d’une approche tournée vers l’avenir, vu que certaines études estiment que les puits pétroliers devraient tarir en 2031 et les sites gaziers en 2045 ».
Malabo a, motivée par les mêmes mobiles, créé un fonds générationnel et le gouvernement entend revoir à la hausse les salaires dans la fonction publique en 2015. Mais, la Guinée équatoriale sera un pays émergent à l’horizon 2020, selon des estimations gouvernementales.
Reste à dire qu’"avec un PIB de 22343 usd par habitant et un taux de croissance de 5%, 75% de la population vit toujours dans la pauvreté, et le pays manque encore d’industries et de raffineries. La Guinée équatoriale a tout au plus été classée 163ème sur 174 pays en matière de corruption et de détournements de fonds publics", regrette le même économiste.