Mourad Belhaj
07 Avril 2020•Mise à jour: 07 Avril 2020
AA / Desk Français
Jamais depuis la seconde guerre mondiale, le monde dans son ensemble n’a eu à composer avec un défi aussi colossal que celui posé par la pandémie de Covid-19 !
Ni la crise de la vache folle, ni celle de la grippe aviaire, ni Tchernobyl, ou l’accident de Fukushima, et encore moins les guerres et les conflits régionaux n’ont eu l’impact global du coronavirus sur notre monde. Un monde qui ne sortira pas indemne de cette crise, à moins qu’il ne se décide à changer !
Dans une tribune intitulée : "Ce que nous faisons aujourd’hui définira demain", publiée le 2 Avril sur les colonnes du journal américain "Washington Times", et reprise depuis par de nombreux journaux, dont le principal quotidien tunisien de langue française, le journal La Presse, Mevlut Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères fait un état des lieux concernant la gestion de la crise de la pandémie de Coronavirus et appelle par là même la communauté internationale à une profonde remise en question.
Rappelant que le virus mortel n’épargnera "aucune société ni aucun individu", Cavusoglu insiste au fil de son propos sur le fait qu'un "défi mondial exige une réponse mondiale, d’abord sur le front de la santé publique, puis sur celui de l’économie, et, à long terme, une réforme des institutions internationales et de la manière dont les pays les soutiennent".
"Le G20 s’avère à nouveau être le bon format pour la gestion des crises mondiales."
Le ministre turc met l’accent dans son propos, sur les expériences de crises passées, et la manière dont elles ont été prises à bras le corps par la communauté internationale, rappelant qu’en 2008, lors de la crise économique qui a ébranlé le monde, "le G20 a pu donner une orientation et donc une stabilité à l’économie mondiale en difficulté. Le système avait alors fonctionné."
Cavusoglu appelle à un élan similaire pour faire face à la pandémie, se félicitant de l’adoption par le G20 de la proposition turque de "créer un groupe de coordination des hauts fonctionnaires (…) car nous devons assurer une étroite coordination sur des questions telles que la gestion des frontières et le rapatriement des citoyens".
"C’est un moment de réflexion, mais aussi de leadership et d’action."
Dressant un tableau des actions urgentes à entreprendre pour une meilleure gestion de la crise, Cavusoglu appelle la communauté internationale à assurer l’aide financière et l’assistance nécessaire en matière d’équipement médical, à protéger les communautés fragiles, des migrants en situation irrégulière et des réfugiés, ainsi qu’à soutenir les pays d’accueil.
Le ministre turc fustige également l’outil politique brutal des sanctions économiques imposées à certains pays, dont l’Iran, "qui font du mal non pas uniquement au peuple iranien, mais aussi à ses voisins".
Et d’appeler à ce que "les pays en développement et les pays les moins avancés, notamment ceux d’Afrique", ne soient pas laissés pour compte.
"Un système mondial en lambeaux"
Le ministre turc des Affaires étrangères, qui ne manque pas de rappeler que "le système mondial était en lambeaux avant même que l’humanité ne soit frappée par le coronavirus", souligne que la Turquie s’était élevée récemment contre ce système appelant à le réformer, car, comme le martèle le chef de la diplomatie turque en faisant référence à la composition obsolète du Conseil de sécurité des Nations Unies: "le monde est plus grand que cinq" !
Cette réforme nécessaire des modalités de notre futur "vivre ensemble" à l’échelle internationale est, selon Mevlut Cavusolglu, tributaire des décisions qui seront prises aujourd’hui par une génération de dirigeants qu’il appelle à "semer aujourd’hui les graines de la réalité de demain" ! Une réalité que Cavusoglu espère pacifique, appelant à mettre fin aux conflits, notamment au Moyen Orient. Des conflits "qui font payer un très lourd tribut aux humains, à l’écosystème, à l’économie et à notre conscience" !
Une réalité que le ministre turc appelle de ses vœux, et qui soit celle "d’un système mondial fondé sur des règles, d’un réseau d’États-nations qui fonctionnent, qui sont résiliants et responsables, d’économies qui n’engendrent pas de laissés pour comptes, et qui profitent à tous, soutenues par des organisations internationales adaptées, tous axés sur le bien-être des personnes, indépendamment de leur nationalité, de leur foi ou de leur race" !