AA/Tunis/Aymen Cemli
La 51eme édition du festival international de Carthage, s’est clôturée, jeudi soir, en présence d'un public venu en masse assister au dernier spectacle, animé par le célèbre chanteur tunisien, Lotfi Bouchnaq.
L’artiste a chanté pendant plus de deux heures, les plus fameuses chansons de son répertoire. Il a été longuement applaudi par l’assistance, quand il a entonné son dernier morceau, intitulé « al-siyassa » (la politique), dont les paroles critiquent acerbement les luttes acharnées pour le pouvoir, symbolisé, dans la chanson de Bouchnaq par el « korsi », la chaise. Le public a chaleureusement acclamé l’artiste, qui, dans un geste symbolique, a jeté une chaise.
La 51eme édition du festival international de Carthage avait démarré le 11 juillet dernier. Elle a été marquée par la participation d’artistes issus d’horizons divers. La musique soufie, les rythmes africains, tout comme les textes rageurs et scandés du rap ont trouvé leur place sur la scène de l’antique amphithéâtre.
Le comité d'organisation avait reporté la soirée de clôture, initialement prévue pour le mardi, au jeudi, en raison des fortes pluies.
La direction du festival avait annoncé l’annulation de plusieurs spectacles, en raison de la situation sécuritaire dans le pays, en particulier après l'attaque terroriste qui a coûté la vie à 38 touristes étrangers dans la ville côtière de Sousse, le 26 juin dernier.
Cette édition a suscité des critiques dans les milieux artistiques, et le public n’a pas toujours été au rendez-vous, tout comme la qualité des représentations proposées, selon certains observateurs de la scène tunisienne locale.
Le festival a toutefois proposé des spectacles de chants et de danse, animés par des artistes célèbres, à l’instar du libanais Wael Kfoury, du palestinien Mohammed Assaf, de l'égyptienne Amal Maher, et du musicien turc, Omar Faruk Tekbilek.
Le public de Carthage a également pu assister à des spectacles du rappeur américain d’origine sénégalaise, Akon, et du rocker Charlie Winston.
Le budget de cette édition du festival de Carthage budget a été estimé à environ 1,8 million de dollars, en baisse par rapport à la session de l’année dernière, au cours de laquelle 2,2 millions de dollars avaient été consacrés à l’événement. La réduction budgétaire a été justifiée, selon les organisateurs, par la situation économique que vit la Tunisie.