AA/Bangui/Sylvestre krock
La crise sécuritaire qui secoue la Centrafrique, opposant les Ex-séléka, milices à majorité musulmane aux Anti-Balaka, groupe politico-militaire à majorité chrétienne, est en train de se déplacer de son centre de gravité, la capitale Bangui, vers l’intérieur du pays.
A Bangassou (environ 700 km de Bangui) une colonne de véhicules d’ex-Séléka lourdement armés a été bloquée par la force internationale MISCA, vendredi, alors qu’elle se dirigeait vers la ville en provenance de Bambari (385 km de la capitale ), a indiqué le correspondant de Anadolu.
" Les Séléka ont été informés de l'infiltration d'un groupe de personnes dans la ville de Bangassou pour former des Anti-Balaka. Ils sont montés dans cette ville pour les mettre hors d'état de nuire mais ils ont été stoppés par la Misca", a expliqué le général Mohamed Moussa Dhaffane président de la coalition Séléka à Anadolu.
" Ils sont encore en discussion avec la MISCA, après quoi, nous irons à la confrontation. Ce qui est sûr, la population n'acceptera pas que les Séléka puissent remettre les pieds ici", a déclaré de son côté Hervé Zangas représentant de la jeunesse de cette ville.
La ville de Bria, localité située à plus de 500 km au Centre-est de la RCA, a été la scène vendredi, d’accrochages entre les forces françaises Sangaris et les habitants musulmans de la ville. Des manifestations contre la présence des Sangaris ont forcé ces derniers à recourir aux bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants, selon le correspondant de Anadolu.
Une mission composée du général Francisco Soriano, commandant en chef de l'opération Sangaris, du général Issa Issaka de la Séléka et d'un membre du gouvernement s'est dépêchée vendredi, à Bria pour calmer la situation.
"La situation reste explosive malgré l'entente qui a permis à la MISCA, Sangaris et les Séléka de rester chacun dans sa base. La population ne veut pas de la présence des Sangaris là-bas", a déclaré à Anadolu le général Mohamed Moussa Dhaffane de retour de Bria.
Des accrochages ont eu lieu en début de semaine entre les éléments français de l'opération Sangaris et les ex Séléka qui contrôlent la ville de Bria faisant deux blessés des deux côtés .
Selon une source auprès des Sangaris , qui a requis l’anonymat, "les soldats français était venus à Bria pour « une opération régulière de désarmement »".