AA / Bamako / Fatouma Harber / Moussa Bolly
Mohamed Ali Ag Wadoussène, « le cerveau" de l’évasion de 22 prisonniers le 16 juin dernier de la Maison centrale d’arrêt de Bamako, a été arrêté par les forces armées et de sécurité du Mali, dans la nuit de mardi à mercredi, dans un quartier de la capitale, ont indiqué mercredi des sources sécuritaires à Anadolu.
Ce « dangereux terroriste se trouve actuellement au Camp 1 de la gendarmerie de Bamako », a confié une source proche de la gendarmerie malienne.
« Le fugitif a été retrouvé armé d’un pistolet et a ouvert le feu sur les forces de sécurités avant que ces dernières ne parviennent à le mettre hors de nuire », poursuit la même source.
«Il était méconnaissable puisqu’il s’est rasé la tête et la barbe», a souligné de son côté un des gendarmes qui a participé à l’arrestation sous couvert d'anonymat.
L'auteur de l'opération d'évasion, avait été arrêté pour l'enlèvement de deux Français en 2011, d'après un communiqué du service de presse des Forces armées maliennes (FAMA), dont Anadolu avait reçu une copie le 17 juin dernier.
Wadoussène, né le 09 avril 1989, à Kidal, est un déserteur de la Garde nationale du Mali, du contingent 2009. Il est l'organisateur principal du rapt de deux Français (l’un est mort et l’autre toujours détenu dans le Sahel), le 24 novembre 2011 à Hombori ( Nord-Est du Mali),toujours selon le communiqué.
Mohamed Ali Ag Wadoussène avait été arrêté par la Sécurité d’Etat (SE) le 10 décembre 2011 à Gao, puis mis sous mandat de dépôt en mars 2012, à la maison Centrale d'arrêt de Bamako, dans l'attente de son jugement.
«Il a profité de la défaillance du système pénitentiaire pour renouer contact avec son oncle Sedan Ag Hitta [également recherché pour une implication présumée dans le rapt des deux Français en novembre 2011, ndlr]. Il a reçu des moyens financiers et matériels pour planifier un attentat terroriste contre la prison centrale de Bamako» qui a permis son évasion avec 14 autres détenus, avait indiqué à Anadolu, au lendemain de l’évasion, une source militaire.
Selon le Secrétaire Général du ministère malien de la Justice, Boya Dembéléé, 23 détenus s’étaient évadés le 16 juin dernier mais 8 ont rapidement été repris «grâce à la collaboration des populations». Un prisonnier et un gardien de prison ont trouvé la mort lors de l’évasion.
La dernière évasion de la prison centrale de Bamako remonte à 1991, lors de l’insurrection populaire qui a entraîné la chute du régime du Général Moussa Traoré, le 26 mars 1991.