AA/ Tunis / Esma Ben said
L’ONG Human Rights Watch a dévoilé, mardi, un rapport accablant concernant les nombreux cas de violences sexuelles perpétrées dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) et a appelé à la nécessité d’un nouveau mécanisme judiciaire pour les victimes de ces violences.
Intitulé "Mettre fin à l’impunité pour les violences sexuelles : nécessité d’un nouveau mécanisme judiciaire pour traduire les responsables en justice", le rapport a été publié, au moment même où s'est ouvert à Londres le sommet mondial contre les violences sexuelles en zone de conflits, qui s'achèvera le 13 juin 2014.
Le document dévoile les cas les plus graves de violences sexuelles commis au Congo au cours des deux dernières décennies par l’armée congolaise et par des groupes armés non gouvernementaux et pointe du doigt l’insuffisance des efforts fournis par les autorités congolaises pour traduire les responsables en justice.
« Des dizaines de milliers de femmes, de filles, d’hommes et de garçons de l’est de la République démocratique du Congo ont été victimes de violences sexuelles au cours des deux dernières décennies », a indiqué une chercheuse senior sur le Congo, Ida Sawyer, cité par le rapport.
« Cette violence sexuelle généralisée ne prendra fin que lorsque les responsables seront poursuivis et que le gouvernement fera clairement comprendre aux militaires, aux officiers, aux combattants de groupes armés, et aux chefs de guerre que le viol est un crime qui entraîne de très lourdes conséquences pour tout individu responsable » a-t-elle affirmé.
Toujours selon le rapport, les violences sexuelles en RDC sont devenues « un instrument de terreur » utilisée pour « punir » les civils appartenant à un groupe ethnique particulier ou « ceux accusés de soutenir l’ennemi ».
Même si les autorités congolaises font preuve « d’efforts » en procédant à de nombreuses arrestations, « la vaste majorité des viols demeurent impunis » dénonce l’ONG reprochant la « corruption et le manque de moyens pour mener des enquêtes approfondies ».
L’ONG qui considère que « tant que ce climat d’impunité perdurera, les violences sexuelles continueront », espère que le sommet mondial contre les violences sexuelles en zone de conflits qui s’est ouvert mardi à Londres, fera « évoluer les choses ».
« Les nombreuses victimes de crimes de violences sexuelles commis au cours des conflits en RD Congo méritent que justice leur soit rendue (…) Les pays participant au Sommet mondial devraient appuyer la mise en place d’un nouveau mécanisme judiciaire en RD Congo chargé de traduire en justice les individus impliqués dans ces effroyables crimes, notamment les commandants qui en définitive, sont responsables de ces atrocités » ,conclu Sawyer.
De son côté, le gouvernement congolais n'a encore émis aucun commentaire concernant la publication de ce rapport.