AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
L’armée burundaise a annoncé, jeudi, avoir abattu dix assaillants qui tentaient de « déstabiliser la sécurité en province de Cibitoke » (70 km de Bujumbura), dans le nord-ouest du Burundi.
«Un groupe d’hommes armés a attaqué cette nuit (mercredi à jeudi, ndlr) deux positions militaires situées dans les localités de Karuhura et de Kato de la commune Bukinanyana. Nos militaires en ont tué 8 à karuhura et 2 à kato, trois autres combattants se sont rendus à l’armée », a déclaré, jeudi, à Anadolu le commandant du camp Cibitoke, Major Ahishakiye Jean Baptiste.
Les assaillants relèveraient, selon la même source, des mutins ayant tenté un coup d'Etat le 13 mai dernier, et qui sont résolus à déloger le régime de Pierre Nkurunziza par la force, avant qu'il n'entame son troisième mandat controversé.
L’armée a, en outre, affirmé avoir saisi huit fusils, deux lance-roquettes et deux téléphones portables qui facilitaient la liaison-radio entre assaillants.
«Du côté des forces armées burundaises, nous n’avons eu qu’un seul militaire gravement blessé », a encore ajouté le commandant du Camp Cibitoke.
Le 10 juillet dernier, des hommes armés non encore identifiés avaient attaqué les communes de Kabarore de la province de Kayanza et de Bukinanyana en province de Cibitoke. Lors d’une conférence de presse organisée le 13 juillet à Cibitoke, l’armée avait affirmé en avoir tué 31 et capturé 171.
Le Burundi est plongé dans une crise politique depuis l’officialisation, fin avril, de la candidature du président Pierre Nkurunziza à l’élection présidentielle de 2015, attendue le 21 juillet. Les manifestations et affrontements entre contestataires et forces de l'ordre ont fait, jusque-là, une centaine de morts
Selon l’opposition et la société civile, le 3ème mandat de Nkurunziza est contraire à la Constitution et aux Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, qui limitent à deux le nombre des mandats présidentiels et prônent l'alternance politique.
Mais le Président Nkurunziza estime qu’il lui est permis de se représenter en 2015, car son premier mandat (2005) lui avait été octroyé, après une guerre civile et à titre exceptionnel, par le Parlement, alors que la Constitution dispose que le mandat renouvelable une seule fois est un quinquennat «au suffrage universel direct».