Lassaad Ben Ahmed
07 Novembre 2017•Mise à jour: 07 Novembre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Le gouvernement togolais a pris, lundi dans la soirée, quatre décisions, en vue d’assurer la liberté effective de manifester dans le pays et de ramener le calme, dans une perspective de l’ouverture prochaine d’un dialogue avec l’opposition togolaise.
Ces mesures interviennent quelques heures avant les «marches de la libération», annoncées par une coalition de 14 partis de l’opposition les 7, 8 et 9 novembre dans l’ensemble du territoire togolais, en vue d’un retour à la constitution de 1992.
Dans un communiqué publié tard dans la nuit de lundi, lu sur les chaînes nationales et dont Anadolu a reçu une copie, le gouvernement a décidé, lundi 6 novembre 2017, de prendre des mesures nécessaires à :
- La remise en liberté de 42 personnes interpellées, jugées et condamnées par diverses juridictions dans le cadre des récentes manifestations violentes,
- La restitution des motocyclettes saisies, à Lomé, lors de la manifestation du 7 septembre 2017 et,
- La levée de la mesure de contrôle judiciaire de Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition dans la procédure des incendies des grands marchés de Lomé et de Kara.
Outre ces «mesures d’apaisement», le gouvernement a annoncé dans le même communiqué qu’il prend également «les dispositions nécessaires pour l’ouverture, à Lomé, d’un dialogue avec l’ensemble de la classe politique togolaise».
Il a espéré, dans ce sens, que tout ceci conduira les partis politiques concernés «à agir avec la plus grande retenue et responsabilité et à œuvrer pour l’intérêt national par la sauvegarde de la paix et de la cohésion nationale».
«Ces mesures visent à assurer la préservation et le respect effectif de la liberté de manifester et à réaffirmer la détermination du gouvernement à promouvoir le retour au calme, ainsi qu’à un climat d’apaisement et de sérénité, indispensable pour la recherche de solutions crédibles et durables à la question des réformes politiques», précise le communiqué du gouvernement togolais.
A ce titre, le gouvernement togolais «rappelle» aux partis politique «leurs devoirs et responsabilités, conformément à la Charte des partis politiques et à la loi portant statut de l’opposition».
«Les organisateurs des manifestations, a-t-il poursuivi, devraient disposer d’un service d’ordre interne et coopérer étroitement avec les forces de l’ordre, en vue d’encadrer les manifestations et d’éviter les risques de violences et de débordements».
Le communiqué du gouvernement invite, enfin, les organisations de défense des droits de l’homme «à contribuer, par leur présence, à l’observation des manifestations afin de recenser les éventuels cas de violences et de débordements».
La semaine dernière, le gouvernement togolais a aussi levé, pour les mêmes raisons, «l’interdiction de manifester en cours de semaine».
Les violences qui ont émaillé le déroulement des manifestations depuis le 19 août 2017 ont entraîné «la mort d’au moins 15 togolais, des centaines de blessés et plusieurs dizaines d’arrestations», selon le dernier bilan établi par l’opposition togolaise.
L'opposition a, d'ailleurs, affirmé lors de la conférence de presse de la semaine dernière «que rien ne la retiendra jusqu'à la libération totale du Togo de la dictature des Gnassingbé».