Lassaad Ben Ahmed
20 Septembre 2017•Mise à jour: 21 Septembre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse LOGO
"Une attitude jusqu'auboutiste'', voilà comment Jean Jacques Teko, membre du bureau politique de l'Alliance Nationale pour le Changement (ANC), a qualifié le vote par les députés du parti UNIR au pouvoir, du projet de loi amendant la constitution, et ce, malgré le boycott des députés de l'opposition.
'' Le vote par les députés UNIR de ce projet de loi en l'état, dénote d'un jusqu'auboutisme politique du régime en place'', a commenté Jean Jacques Teko, joint au téléphone par Anadolu. ''Ce qui montre, en conséquence, qu'il n'est plus en phase et n'écoute jamais le peuple'', poursuit t-il.
Pour lui, il s'agit d'une arrogance politique sans égal dans l'histoire du Togo.
''Or, tout ce que nous voulons, c'est de rétablir notre constitution de 1992, que le pouvoir a modifiée, sinon toilettée deux fois en 2002 et 2005'', indique Teko.
Au-delà du désaccord sur la réintroduction de bouts de phrases, ''en aucun cas, un président ne peut faire plus de deux mandats''. L'article 59 de la constitution togolaise stipule que le mandats présidentiel est de cinq ans renouvelables une seule fois.
Par ailleurs, il était apparu un autre désaccord sur nombre d'articles à modifier.
47 articles
L'opposition exige la modification de 47 articles de la loi fondamentale, alors que le gouvernement togolais n’a proposé que trois.
''Les trois points objet de modification répondent exactement à ce que veut l'opposition et une partie de la population. Cela a été discuté et voté en Conseil des ministres sur demande du Président. Alors, je ne vois pas ce qu’ils veulent encore'', avait réagi Payadowa Boukpessi, le commissaire du gouvernement et ministre de l'Administration territoriale, venu défendre le projet en commission devant les députés.
Non, il faut une modification en profondeur, soutient l'opposition. ''C'est au total 47 articles et le préambule qu'ils avaient modifié, dénaturant ainsi la constitution originelle de 1992. Dans l'esprit de retour à cette constitution avec les conséquences qui en découlent, il faut la réécrire. C'est aussi simple que ça. Quand on gouverne un peuple, on l'écoute'', s'est emporté Jean-Jacques Têko de l'ANC.
Lors des manifestations des 6 et 7 septembre, ce peuple a clairement exprimé sa volonté, à savoir, le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir, rappelle M. Têko.
Ce même peuple est appelé à de nouvelles manifestations cette semaine, les mercredis et jeudi, sur l’ensemble du territoire national avec le même mot d'ordre : 'le retour à la constitution de 1992 et le départ pur et simple de Faure Gnassingbé'.
À noter qu'à la suite du vote en commission du projet de loi, les 63 députés (sur 91) ne pouvaient statuer, mardi, sur le texte en plénière, en vue de lui conférer force de loi.
Il fallait l'approbation des 4/5 des députés pour y parvenir. Or les seuls députés du parti UNIR (au nombre de 61) au pouvoir ne pouvaient le faire.
A rappeler enfin, que le projet de réforme constitutionnelle concerne les articles 52, 59 et 60 de la constitution, relatifs au mandat présidentiel, au mode de scrutin et au vote de la diaspora.