Esma Ben Said
13 Décembre 2017•Mise à jour: 14 Décembre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Plusieurs milliers de militants de la coalition de l’opposition togolaise étaient dans les rues de Lomé mercredi pour contester "une tentative du gouvernement de bloquer le processus du dialogue en cours sous la double médiation Guinéenne et Ghanéenne", a rapporté le correspondant de Anadolu.
Lomé a entamé mardi des consultations politiques pour "recueillir des avis et suggestions concernant le format et les modalités du dialogue" réclamée par la communauté internationale mais dont la date n'a toujours pas été fixée.
Le chef de fil de l’opposition Jean Pierre Fabre et certains leaders de la coalition des 14 partis qui devaient être les premiers à s’entretenir avec le chef du gouvernement Komi Sélom Klassou ont boycotté la séance estimant que « le gouvernement ne peut être juge et partie » a la fois dans ce processus.
Défendant cette position dans les rue de Lomé ce mercredi l’opposition a accusé le gouvernement togolais de vouloir « bloquer le processus de dialogue en cours».
« Cette démarche est initiée par le régime sans doute pour saboter la démarche en cours avec le président Ghanéen Nana Akufo Addo. Je pense que c’est le bon sens qui commande à la coalition de s’en tenir à ce qui a été admis par les deux parties » a déclaré à Anadolu Nathaël Olympio, président du Parti des Togolais, membre de la coalition des forces démocratiques.
Plusieurs médiations internationales sont en effet parallèlement en cours, notamment via les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé.
Olympio a par ailleurs soutenu que « l’intention première du gouvernement togolais en prenant de court la médiation est de pousser l’opposition à refuser de venir à la table des discussions ».
« Nous resterons disponible pour des discussions mais dans le cadre de la médiation. Aucune discussion ne sera possible sans la question de la présence ou non du président togolais Faure Gnassingbé au sommet de l’Etat. C’est de ce sujet qu’ils ne veulent pas discuter, et ils passent par des moyens pour nous pousser à bout. C’est un nouvel échec pour eux » a martelé Olympio.
Pour rassurer l’opposition, le gouvernement togolais a pourtant libéré ces dernières semaines, 45 détenus, levé le contrôle judiciaire qui pesait sur Jean Pierre Fabre dans l’affaire des incendies des marchés du Togo et retiré les militaires de Sokodé (centre, où des m manifestations ont été interdites pour des raisons sécuritaires).
Mais l’opposition réclame la « libération de plus de 50 personnes encore en détention » avant tout dialogue, selon les opposant.
Le ministre togolais de la Justice, Pius Agbetomey, avait averti à ce sujet la semaine dernière lors d’une conférence de presse, qu’aucune mesure de clémence ne peut être envisagée sans jugement de ces personnes.
C’est un nouveau bras de fer qui a commencé entre le pouvoir et l’opposition togolaise qui manifeste depuis trois mois dans tout le Togo pour le retour à la constitution de 1992, le vote de la diaspora, la révision du cadre électoral et la libération de tous les détenus des manifestations depuis le 19 Août 2017.