Togo : les évêques favorables à la constitution de 1992
Des prières ont été accomplies dans toutes les églises du Togo, dimanche, en faveur de la paix
Hatem Kattou
17 Septembre 2017•Mise à jour: 17 Septembre 2017
Togo
AA/ Lomé/ Alphonse LOGO
Les évêques du Togo ont appelé dimanche le gouvernement togolais, dans une déclaration, à opérer 'urgemment les réformes demandées par le peuple, conformément à la Constitution de 1992'. A constaté le correspondant Anadolu à Lomé.
C'est le retour à cette même constitution qui est la principale réclamation de l'opposition togolaise, mobilisée depuis le 19 Août 2017.
La déclaration, dont Anadolu a reçu copie, est rendue publique après les prières tenues dans tous les diocèses du Togo, dimanche matin, à la demande de la Conférence des évêques du Togo.
'' Vivement préoccupée par la situation sociopolitique que nous vivons depuis quelques semaines, la Conférence des évêques du Togo a jugé opportun d’organiser dans tous les diocèses, une prière de supplication en faveur de la paix, plus précisément en faveur des réformes institutionnelles et constitutionnelles'' explique la declaration.
Elle poursuit en disant que ''son objectif est d’implorer la lumière de l’Esprit Saint sur les plus hautes Autorités de notre Pays afin qu’elles opèrent urgemment les réformes demandées par le peuple, conformément à la Constitution de 1992''.
La Conférence des Évêques du Togo précise qu'elle ''attache une importance particulière à ces réformes sans lesquelles il est impossible de ramener la paix et la cohésion sociale dans notre Pays''.
Elle a qualifié 'd'indispensable au vivre ensemble dans le pays', ces réformes en invitant les protagonistes '' à s'inscrire dans une démarche responsable, sincère et constructive''.
Par ailleurs, la Conférence des Évêques du Togo s'est dite particulièrement préoccupée par les violences exercées par les Forces de l’Ordre et de Sécurité sur les populations dans certaines localités du Togo, après les manifestations des 6 et 7 septembre 2017.
Condamnant l’usage excessif de la force contre des concitoyens, (parfois jusque dans leurs propres domiciles), elle estime que ''les auteurs de ces actes ainsi que leurs commanditaires déshonorent le corps auquel ils appartiennent ainsi que la foi qu’ils professent''.
Les Évêques exhortent, à cet effet, l’Armée à adopter une attitude républicaine de neutralité en évitant toute immixtion dans le débat politique, conformément à la Constitution togolaise dans la crise actuelle, et 'les responsables des Institutions de la République à éviter d’afficher publiquement leur appartenance politique'.
Les Évêques demandent aux leaders politiques togolais ''d’éviter d’organiser le même jour des manifestations antagonistes, de peur que ces rassemblements ne débouchent sur des affrontements aux conséquences imprévisible ; et aux populations à ne pas céder à la tentation de commettre des actes de violence ou des représailles contre leurs frères et sœurs d’autres convictions politiques''.
Enfin, les Évêques du Togo invitent les fidèles à continuer de prier pour qu'une paix durable s’établisse dans les cœurs des concitoyens et que se calment les tensions sociopolitiques qui secouent le Togo'.
En fin de semaine dernière, les députés en commission des lois se sont séparés en queue de poisson, sur la formulation de l'article 59 de la constitution togolaise relative à la limitation des mandats présidentiels.
L'opposition qui veut que cette limitation se formule comme dans la constitution de 1992 interdisant plus de deux mandats pour tout président de la République, s'est confronté à un refus du pouvoir.
Deux jours de manifestations sont prévues, à nouveau, à ce sujet partout au Togo et particulièrement à Lomé la capitale.